L'invité d'ICI Limousin ce matin, Philippe Giraudaud, brancardier syndiqué Sud Santé Sociaux, a rappelé l'importance de structurer le métier de brancardier. Avec son collègue Thierry Collas, il a lancé un sondage national destiné aux brancardiers afin de mieux cerner les attentes et revendications de cette profession souvent sous-estimée.
Le poids physique du métier
Les premiers retours du sondage montrent que 45 % des 200 participants déclarent effectuer de 20 à 30 transports de patients par jour. Un quart d'entre eux dépasse même ce chiffre. Philippe souligne : "Il y a une pénibilité. Quand vous transportez un lit de plus de 150 kilos, cela a un impact physique fort, surtout si vous le faites 20 ou 24 fois par jour."
Des statuts variés et flous
Contrairement à d'autres corps de métiers de santé, tels que les ambulanciers et infirmiers, les brancardiers ne bénéficient pas d'un diplôme d'État spécifique. Actuellement, 70 % des brancardiers n'ont pas de formation initiale adéquate, alors qu'ils doivent parcourir de longues distances et apaiser les patients anxieux. Au CHU de Limoges, ce sont près de cinquante brancardiers qui partagent des missions entremêlées entre techniciens, aides-soignants et agents de services hospitaliers, sans une réelle reconnaissance de leur profession.
Un appel à la formation
Une meilleure formation serait cruciale pour encadrer ce métier. Environ deux tiers des brancardiers se voient assigner des tâches annexes, telle que la logistique. Philippe insiste sur le fait que la reconnaissance de leur rôle est essentielle pour l’organisation du service. "Sans formation spécifique, nous sommes perçus comme des agents de nettoyage, alors que notre rôle est bien plus complexe."
Vers un statut unifié
Pour Giraudaud, un statut clair est indispensable non seulement pour les brancardiers, mais également pour les patients et toutes les équipes soignantes. Cela permettrait une harmonisation des pratiques et des parcours professionnels : "Tout le monde aurait la même façon de travailler, et cela ouvrirait des portes pour ceux souhaitant évoluer dans le secteur de la santé."
Un appel à l'élysée
Les brancardiers se considèrent comme le maillon essentiel au sein des hôpitaux. Ils expriment majoritairement le souhait d'un meilleur salaire, d'une reconnaissance accrue et d'améliorations des conditions de travail. Le but du sondage est de faire entendre la voix des professionnels sur le terrain pour alimenter un débat auprès des élus, notamment les députés et candidats à la présidentielle. Comme un professionnel l’a souligné : "On est le lien entre tous les services."







