Éleveurs laitiers à Sarlande, Marie et Clément sont confrontés à une crise de trésorerie les empêchant de remplir leur cuve de gazole non routier (GNR) pour leur tracteur. Malgré leur demande d'accès au "prêt flash carburant" proposé par le gouvernement début avril, l'aide leur a été malheureusement refusée.
La situation est critique. Le tracteur de Marie et Clément est cloué au sol, bloquant des travaux essentiels. "Voilà le tracteur qui dort, déplore Marie. Les conditions étaient idéales pour faire les foins, mais nous n'avons pas pu". Dans leur ferme de Beausoleil, ces agriculteurs transforment le lait en fromages et en glaces. Leur cuve est désormais vide, et ils manquent cruellement de ressources financières pour faire le plein.
La hausse des prix, particulièrement des coûts de l'énergie, a déjà fragilisé leur économie. Ils avaient espéré faire le plein de leur cuve au printemps, dès que la situation des prix se stabiliserait. Leurs négociations avec Bpifrance, la Banque publique d'investissement, ont été vaines : alors qu'ils s'apprêtaient à demander un prêt de 10 000 euros, la banque exige un document comptable qu'ils sont incapables de fournir au vu de leur statut d'exploitation en micro-bénéfice agricole.
"Nous ne comprenons pas pourquoi notre demande ne peut être traitée manuellement, déclare Marie. Les plus fragiles sont exclus à cause de problèmes techniques. Il suffirait que l'administration accepte notre fiche d'imposition pour surmonter ce problème". En attendant, le couple a dû établir un arrangement avec un voisin pour pouvoir réaliser quelques travaux en échange de leur aide.
Les mesures du gouvernement, censées apporter un soutien essentiel aux agriculteurs, semblent inaccessibles à ceux qui en ont le plus besoin. L'absence de réponse du ministère de l'Agriculture à nos sollicitations renforce le sentiment d'abandon des petits exploitants face à une bureaucratie rigide. Alors que la récolte de foin approche, l'angoisse monte pour Marie et Clément, installés au bord du chaos financier.
Contactée par ICI Périgord, Bpifrance maintient que le cadre administratif exclut ce type d'exploitation. L'organisme a néanmoins proposé au couple d'explorer d'autres voies de soutien.







