Une enquête récemment publiée par le New York Times évoque un « schéma de violences sexuelles généralisées » commises par des soldats, des colons et des gardiens de prison israéliens. L’État hébreu, quant à lui, rejette ces accusations, les qualifiant de « campagne anti-israélienne ».
L’investigation, menée par Nicholas Kristof, explore des témoignages de 14 victimes en Cisjordanie occupée, un territoire en proie à des violences accrues suite à l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023. Kristof décrit un contexte où des violences sexuelles, touchant hommes, femmes et enfants, sont perpétrées par divers acteurs, y compris des membres de l’agence de sécurité intérieure Shin Bet.
Le journaliste cite un rapport de mars 2025 des Nations unies qui dénonce l’utilisation « systématique des violences sexuelles et reproductives » depuis le début des hostilités. Bien que difficile à quantifier, plusieurs témoignages détaillent des abus inacceptables, dont des actes de barbarie à l'égard des organes génitaux des détenus.
Des actes d'une cruauté inouïe
Plusieurs victimes ont rapporté que des actes particulièrement violents comprennent des agressions sur les parties intimes, associées à des humiliations par le biais de détecteurs de métaux utilisés pour fouiller de manière non-conforme. Des détenus récemment libérés affirment que les autorités exercent une pression pour faire taire ces abus.
« Les normes sociales dans la société arabe dissuadent les discussions ouvertes sur ces sujets », souligne Kristof, ajoutant que des victimes ont exprimé leurs craintes quant aux répercussions sur leurs familles, notamment le risque de compromettre la réputation de leurs proches féminines.
Une réaction israélienne virulente
Face à ces accusations, le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi vigoureusement, dénonçant ce qu'il qualifie de « campagne mensongère soigneusement orchestrée ». Gideon Sa’ar, ministre en charge, évoque une « calomnie » qui rappelle des mythes antisémites d’un autre temps. Le gouvernement insiste sur une inversion des rôles où la victime devient l'accusée.
En février dernier, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait également alerté sur des abus systématiques, y compris sexuels, subis par des journalistes palestiniens dans les prisons israéliennes. Un porte-parole de l'armée a affirmé que l'armée respecte le droit international dans le traitement de ses détenus.
Récemment, une commission d’enquête israélienne a publié un rapport accusant le Hamas et d'autres groupes palestiniens de « violences sexuelles systématiques à grande échelle » lors de l'attaque d'octobre, intensifiant ainsi les hostilités sur le terrain.







