Les réseaux sociaux, notamment Facebook, voient une forte montée des contenus trompeurs concernant l'hantavirus, alimentés par des groupes complotistes et anti-vaccins. Depuis le dimanche précédant l'éclosion d'un foyer d'hantavirus à bord d'un bateau de croisière, environ 5.000 messages relatifs à cette maladie ont été diffusés en France, révélant une attention significative portée à ce sujet, comme l’a rapporté l'Agence de vérification de Radio France grâce à l'outil Visibrain.
Jusqu'à récemment, l'hantavirus était un sujet relativement méconnu sur les réseaux sociaux, avec une cinquantaine de posts observés la semaine dernière. Mais depuis, ce chiffre a explosé, atteignant plus de 750 publications sur Facebook en une journée, dont 441 uniquement le lundi.
Des comptes liés aux mouvances "antivax" et complotistes
Selon les analyses de Visibrain, il ressort que la majorité des publications les plus visibles sur Facebook proviennent de comptes associés à des mouvements anti-vaccins. En effet, 8 des 10 contenus les plus partagés proviennent de ces affiliations, souvent en lien avec la crise du Covid-19. Notamment, une interview de Christian Perronne, ancien chef de service de l'hôpital de Garches et figure controversée, a généré de nombreuses réactions, totalisant près de 40% de l'interaction Facebook sur le sujet en seulement 48 heures.
Sur YouTube, le panorama est varié, avec des acteurs comme Florian Philippot et HugoDécrypte qui, malgré leurs orientations différentes, s’affrontent en terme de vues sur leurs vidéos respectives concernant l'hantavirus. Pendant ce temps, sur TikTok, les contenus traditionnels d’information rencontrent également un vif succès, comme en témoigne une vidéo de TF1 Info qui a atteint 10 millions de vues suite à l'annonce d'une passagère française testée positive à l'hantavirus.
Des récits complotistes réactivés depuis le Covid
Les narrations complotistes autour de l'hantavirus se basent sur des mythes déjà établis durant la pandémie de Covid-19. Ces discours revisitent la figure de l'OMS et son directeur général, tout en pointant du doigt Bill Gates et de grandes entreprises pharmacologiques comme Pfizer et Moderna, qu'ils accusent de manipulations orchestrées à des fins commerciales. La récente décision de l'état français d’imposer une quarantaine de 42 jours a également ravivé les peurs des semaines de confinement, que ces groupes assimilent à un retour des "mesures liberticides".
Il est essentiel, à l’ère de l’information à grande vitesse, qu’internautes et experts prennent conscience de cette désinformation rampant sur les plateformes sociales. Les dangers d'une telle prolifération de contenus faux ou trompeurs pourraient avoir des répercussions non seulement sur la perception des maladies mais également sur la santé publique en général.







