Le scandale des violences sexuelles survenu dans le périscolaire parisien a conduit Emmanuel Grégoire, maire de Paris, à se rendre lundi à l’école Saint-Dominique, située dans le prestigieux VIIe arrondissement. Devant de nombreuses familles concernées, il a reconnu des « fautes graves » dans la gestion de cette crise et a présenté ses « excuses ».
Cette visite, bien que très attendue, n’a pas apaisé toutes les colères, mais elle marque un tournant significatif. À l'école Saint-Dominique, les parents ont accueilli ces excuses comme un moment sans précédent. Ils ont exprimé leur satisfaction face à la reconnaissance officielle de la gravité de la situation par un élu de la République. « C’est une étape importante qui souligne l’ampleur de ce qui s’est produit », ont écrit plusieurs familles dans un communiqué diffusé par l’AFP.
Un problème « systémique »
La situation s'est détériorée au fil des mois, avec un nombre croissant de signalements concernant des animateurs ou personnels encadrants dans différents établissements parisiens. Emmanuel Grégoire a choisi de rencontrer les familles dans un climat de confidentialité, sans point presse après la réunion. Selon son entourage, « il était essentiel de laisser un espace d’échange intime » pour entendre les préoccupations, parfois justifiées, des parents.
Le maire a promis de revenir à l’établissement en juin et d'instaurer un « conseil du périscolaire » en deux semaines pour suivre l'évolution de la situation. Comme l’a souligné le quotidien Le Monde, des familles s’inquiètent de la lenteur des procédures judiciaires et des auditions, jugées difficiles pour les enfants. « Nous avons senti un réel abandon dans le parcours complexe que nous avons dû effectuer », a déclaré une mère de famille.
Dès le début de l'année, 78 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des allégations de violences sexuelles sur des mineurs. Emmanuel Grégoire a qualifié ce phénomène de « systémique ». Pour remédier à cette situation alarmante, la mairie a annoncé un plan ambitieux de 20 millions d'euros, qui inclut la création d’une cellule d’écoute, la simplification des procédures de signalement et la professionnalisation des animateurs, souvent vacataires.







