Au Pays Basque, l'association LGBT+ les Bascos initie une vaste enquête citoyenne pour mettre en lumière les enjeux liés à l'homophobie. Suite à une précédente enquête ayant recueilli 200 témoignages en seulement trois mois, cette nouvelle version s'étendra sur un an, avec l'objectif d'établir un véritable observatoire des violences homophobes sur le territoire. Tout le monde est invité à y participer.
Franck-Yves Guilbert, responsable militant des Bascos, souligne que malgré une réputation de solidarité dans la région, de nombreuses personnes LGBT+ font encore face à des difficultés dans leur vie quotidienne. "Il est crucial de comprendre que la réalité vécue par la communauté LGBT+ dans nos zones rurales est souvent marquée par l'insécurité et des incidents d'homophobie", explique-t-il. En 2024, les données du ministère de l'Intérieur ont indiqué 4 800 cas signalés d'homophobie, un chiffre qui reste sûrement sous-estimé selon plusieurs observateurs.
Ce constat alarmant a poussé les Bascos à lancer une enquête d'une ampleur sans précédent. La nouvelle enquête aura pour but de "mesurer le sentiment d’insécurité des personnes LGBT+ dans divers contextes – que ce soit dans l'espace public, au travail, dans le milieu de la santé, ou même dans le monde numérique. Nous souhaitons établir une cartographie des phobies LGBT+ et analyser les évolutions récentes", précise Guilbert.
Une enquête sous forme de questionnaire
Les participants peuvent accéder au questionnaire via ce lien. L'objectif est de récolter un maximum de témoignages afin de mieux appréhender les actes et sentiments liés à l'homophobie, et ainsi d'améliorer les mesures de prévention et d'écoute. "Cette enquête est ouverte à tous, que l'on soit victime ou témoin de tels actes. Même un simple intérêt pour le sujet pourrait révéler des réalités inconnues", ajoute Guilbert.
Les Bascos prévoient des bilans d’étape durant l'année, tandis que les résultats finaux seront dévoilés le 17 mai 2027, lors de la journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie. "Cette démarche nous permettra d'avoir une vision claire et précise de la situation de l'homophobie dans notre département", conclut-il.







