Le parc naturel régional des Ballons des Vosges poursuit son ambitieux programme de renforcement de la population de grand tétras, une espèce emblématique de la région. Au cours d'une récente opération, 17 individus, dont 13 mâles et 4 femelles, ont été relâchés après avoir été capturés en Norvège. Cette initiative vise à réimplanter ces oiseaux dans le massif des Vosges, où leur présence avait disparu en grande partie en raison du réchauffement climatique et d'autres facteurs environnementaux.
Mortalité importante et efficacité contestée
Chaque année, le programme implique la réintroduction de plusieurs spécimens de grand tétras, dont le coût s'élève à plus de 200 000 euros par an, étalé sur une durée de cinq ans. Toutefois, la situation est préoccupante : le dernier grand tétras suivi par GPS a été retrouvé mort en décembre dernier. Selon les estimations du parc naturel, il ne resterait qu’un ou deux spécimens issus des translocations norvégiennes, ainsi que trois à quatre individus autochtones, un chiffre difficile à confirmer en raison des pertes récentes. Cette situation a incité certaines associations à exiger l'arrêt du programme, considéré comme expérimental, devant la justice administrative.
Suivi et enseignements
Le faible taux de réussite observé lors des précédentes translocations semble principalement attribué à la prédation exercée par divers carnivores naturels présents dans le massif vosgien. Ces enseignements ont conduit les gestionnaires du parc à mettre en place un suivi par GPS des nouveaux individus relâchés. Cela permettra d'évaluer des aspects cruciaux tels que leurs déplacements, leur reproduction et leur taux de survie dans le habitat restauré.







