L’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) a récemment été entendue par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques (Opecst) lors d'une audition. Le président de l’ASNR, Pierre-Marie Abadie, a exprimé une 'préoccupation forte' concernant la réduction prévue de son budget de fonctionnement, estimée à environ 30 millions d’euros, soit près d’un quart des 135 millions d’euros alloués.
Cette baisse budgétaire menacerait les capacités de recherche et la modernisation des systèmes d’information, éléments cruciaux pour la souveraineté scientifique et technique de la France. 'Nous demandons non pas des augmentations mais une stabilité budgétaire permettant de maintenir nos efforts', a-t-il souligné. Ce message a été directement communiqué au gouvernement cette semaine.
Lors de l’évaluation, l’ASNR a aussi mis en lumière les défis associés au développement d’un nouveau programme nucléaire. Ils demandent une anticipation au moment de l’instruction des projets pour maîtriser les coûts et éviter des retards, citant le rapport annuel de 2025 sur la sûreté nucléaire et la radioprotection en France.
Les enjeux de la sécurité ne se limitent pas aux nouveaux projets ; l’ASNR s'engage à maintenir les standards de sûreté des installations existantes, en anticipant notamment les discussions sur la prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs au-delà de 60 ans.
En tant qu’autorité de régulation, l’ASNR contrôle et assure la transparence des activités nucléaires civiles dans le pays. Établie en 1983, l’Opecst, organe bicaméral, joue un rôle essentiel pour éclairer le Parlement sur les enjeux scientifiques et techniques et a un Conseil scientifique pour orienter ses décisions.
Alors que la France s'engage vers une transition énergétique, le maintien de financements adéquats pour la recherche et l’innovation dans le domaine nucléaire se révèle ainsi indispensable pour garantir un avenir sûr et équilibré.







