Les partisans de la langue basque ont annoncé, vendredi, avoir obtenu le droit pour les élèves bascophones de passer l'épreuve anticipée de mathématiques du baccalauréat dans leur langue régionale dès juin, une assertion que conteste le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, dans les colonnes de Sud Ouest.
Le ministre a récemment souligné la possibilité d'introduire, à partir du baccalauréat 2028, une épreuve de spécialité dans une langue régionale, pour les élèves ayant bénéficié d'un enseignement dans cette langue durant leur scolarité au lycée.
La Fédération des écoles immersives en langue basque a fait savoir vendredi qu'elle accueillait favorablement cette annonce, précisant que les élèves de première pourraient bien passer l'épreuve anticipée de mathématiques en basque dès cette année.
"Les élèves composeront en basque le 12 juin. Nous avons obtenu l'assurance que leur bien-être sera préservé et qu'ils ne seront pas désavantagés. Les copies rédigées en basque seront corrigées de manière appropriée", a déclaré la fédération dans un communiqué, annonçant par ailleurs l'annulation de ses prochaines manifestations, y compris une prévue le 6 juin devant le rectorat de Bordeaux.
Cependant, le ministre a affirmé dans une interview que "l'épreuve anticipée de mathématiques n'est pas incluse" dans le cadre des dispositifs établis. "Pour attester du caractère bilingue d'une formation dans une matière, il faut l'avoir suivie durant l'ensemble du cycle terminal", a-t-il expliqué.
Interrogé sur les éventuelles sanctions pour les élèves se présentant à cette épreuve en basque le 12 juin, M. Geffray a simplement rappelé que "chacun doit respecter les règles", reconnaittant ainsi à ceux ayant suivi un cursus bilingue une place légitime, après des années d'incertitude sur l'intégration des langues régionales dans les examens.
Dans le Pays basque, les établissements scolaires immersifs, où l'enseignement est complètement dispensé en basque, accueillent plus de 4.400 élèves répartis sur 33 écoles primaires, cinq collèges et un lycée polyvalent, représentant ainsi 9% de l'ensemble des élèves du territoire, de la maternelle à la terminale.
D'un point de vue plus global, près d'un tiers des élèves reçoivent un enseignement de la langue basque, que ce soit au sein de filières bilingues ou immersives, tant dans le secteur public que privé.







