L'hôpital de Tarbes-Lourdes fait face à une situation alarmante : l'impossibilité de trouver des médecins pour remplacer ceux qui ont pris leur retraite ou qui ont été transférés vers d'autres services. À la suite de cela, le service de Soins Médicaux et de Réhabilitation (SMR) à Tarbes fermera ses portes le 19 juin prochain, laissant une vingtaine de patients âgés sous le choc.
Cette décision a été annoncée le jeudi 28 mai lors d'une réunion avec le personnel soignant, qui comprend une trentaine d'infirmiers et d'aides-soignants de l'unité. La direction de l'hôpital a tenu à préciser que la qualité des soins ne pouvait plus être garantie, d'où la nécessité de suspendre le service.
Les patients, actuellement hospitalisés, seront transférés vers d'autres structures SMR dans le département, notamment à Vic-en-Bigorre, Lourdes, Lannemezan et Bagnères-de-Bigorre, ou rentreront chez eux à l’issue de leur prise en charge.
Il manque deux médecins
Malgré tout, la direction de l'hôpital précise qu'il s'agit d'une fermeture temporaire, en attendant le recrutement de deux médecins nécessaires pour rouvrir le service. Karine Guesdon, directrice de la fédération de gériatrie du centre hospitalier, souligne les efforts soutenus réalisés pour attirer des professionnels de santé. En effet, un « chasseur de têtes » a été mandaté pour dénicher des candidats dans un contexte particulièrement difficile où de nombreux spécialistes, comme les gériatres, sont en tension sur le marché de l'emploi.
Elle mentionne également qu’un rendez-vous est prévu avec des potentiels candidats dans les jours à venir, espérant remplir ces deux postes critiques.
Dans les EHPAD, pas le même travail
La fermeture du SMR suscite des inquiétudes au sein de la CGT. Selon Jean-Marc Michaud, secrétaire du syndicat, les infirmiers et aides-soignants concernés par la réaffectation vers d'autres services pourraient se retrouver dans des EHPAD, où le niveau de dépendance des résidents est bien différent de celui rencontré au SMR : « Dans les EHPAD, les résidents ont généralement des pathologies plus lourdes. La prise en charge médicalisée ne se compare pas. »
Karine Guesdon a assuré que les qualifications des soignants seraient mises à profit pour répondre aux besoins des patients, dans le respect des exigences de chaque service.
Alors que le personnel de santé en France fait face à une crise de recrutements majeure, cette fermeture temporaire du SMR de Tarbes illustre une situation préoccupante à l'échelle nationale. Les hôpitaux tentent désespérément d'attirer des médecins, mais la durée des procédures de recrutement et l'ampleur de la défiance à l'égard du système de santé compliquent encore davantage les choses.







