La question de la semaine de 4 jours et demi pour les écoles parisiennes reste en suspens. La concertation sur les rythmes scolaires, dirigée par le maire Emmanuel Grégoire, dévoilera ses conclusions mardi soir, alors que les violences sexuelles dans le périscolaire ont profondément affecté le moral des animateurs.
Emmanuel Grégoire, promesse de liberté aux 80 parents d'élèves sélectionnés pour cette "convention citoyenne sur la protection des temps de l'enfant", a adopté un modèle similaire à celui initié par Emmanuel Macron en 2025. Le but de cette démarche, lancée le 18 mai, est d'apporter un "avis éclairé" sur l'éducation, garantissant sécurité et épanouissement pour tous les élèves.
Le maire a insisté sur l'importance de la sécurité pour interroger la qualité de l'enseignement. En avril, il a annoncé un budget de 20 millions d'euros dédié à la réorganisation du périscolaire, à la suite d'un scandale de violences sexuelles ayant conduit à la suspension de 132 animateurs, dont 52 pour des soupçons liés à des actes inappropriés, un phénomène jugé "systémique" par Grégoire.
Il avait promis, au cours de sa campagne, de mettre fin à des situations périscolaires trop fractionnées, avec pour objectif d'assurer qu'aucun animateur ne soit seul avec un enfant à la rentrée prochaine.
Paris fait partie des rares grandes villes à avoir conservé la semaine de 4,5 jours instaurée en 2013 par Vincent Peillon. Dans les 620 écoles primaires publiques de la capitale, l'enseignement est organisé sur cinq matins, tandis que les mardis et vendredis après-midi sont dédiés aux activités périscolaires gratuites, encadrées par des agents de la ville.
Emmanuel Grégoire s'est personnellement déclaré en faveur du maintien de cet étalement sur 4,5 jours, en accord avec les rythmes biologiques des enfants. La fédération de parents d'élèves FCPE de Paris soutient également cette option, soulignant que cela représente les conditions les plus propices à l'apprentissage, bien qu'elle admette des lacunes dans l'organisation actuelle.
Lors de l'installation de la convention, M. Grégoire a souligné qu'une réorganisation significative nécessiterait du temps et ne serait pas effectuée pour la rentrée de septembre.
L'opposition municipale plaide pour un retour à la semaine de 4 jours, une tendance observée dans 90% des municipalités, préconisant la suppression des TAP pour garantir un "périscolaire de qualité". La sénatrice LR Agnès Evren a critiqué la gestion des recrutements de 2013, affirmant que cela avait été fait dans la précipitation.
Les 14.000 animateurs parisiens, majoritairement vacataires, sont en attente des recommandations de la convention, lesquelles influenceront les projets de "déprécarisation" formulés par la municipalité. Depuis l'élection de Grégoire, les syndicats ont déjà organisé deux grèves, demandant un renforcement des effectifs dans un secteur en situation de "sous-effectif" chronique, en raison du non-respect du taux d'encadrement légal.
De plus, les syndicats ont soulevé des inquiétudes liées à un climat de "suspicion généralisée" parmi les agents, qui font face à des suspensions résultant de comportements éducatifs jugés ordinaires, comme intervenir dans des conflits d'enfants. Nicolas Léger, représentant du Supap-FSU, met en lumière cette problématique.







