«On va danser la salsa» ! s'est exclamé Ahmed, le vélo hésitant sur les pavés. Les mélodies entraînantes attiraient les foules, hommes, femmes et enfants, attirés par la magie de cette soirée. Les spectateurs venaient observer les flammes et apprécier la musique qui résonnait sans qu'il n'y ait besoin de s'organiser à l'avance.
Sur la place, le feu et les fusées reflétaient la tradition intacte de la Saint-Jean. Cependant, qui osera sauter à travers les flammes, comme le faisaient les ancêtres ? Les valeurs ont évolué, et aujourd'hui, d'autres moyens d'attirer l'attention existent.
La scène était dominée par le groupe Tiempo Nuevo, dont la musique évoquait Cuba, l'île où le rythme est roi. Le contraste s'affirmait entre les contemplatifs, fixant les flammes, et les danseurs qui se laissaient emporter par la salsa, créant une atmosphère enfiévrée sur le pavé.

Un choix de camp
Rapidement, la foule se divisait : d'un côté, ceux qui contemplaient les flammes et, de l'autre, ceux qui bougeaient au son de la musique. La fête avait ses sorcières, transformant le quartier en un véritable espace festif. Loin des balcons où certains observaient, verre à la main, la scène prenait une dimension collective, où chacun pouvait s'exprimer librement.
Les rumeurs circulaient ici et là : «On pourrait bien brûler nos feuilles d'impôt, cela aurait plus d'impact...». Les plaisanteries ne manquaient pas avant que la fascination de la nuit ne prenne le dessus.

Les fêtes, qu'elles soient joyeuses ou mélancoliques, ont ce don de transformer les quartiers. Les habitants du voisinage, se contentant de regarder la fête passer, se retrouvaient avec un sourire sur les lèvres, témoins d'un moment privilégié. Les souvenirs de cette Saint-Jean de 1985 continuent à résonner dans les mémoires, rappelant l'importance des traditions et de la convivialité.







