L’eurodéputé Place publique sera à Bordeaux ce jeudi 25 juin pour discuter de ses ambitions, alors que la gauche non mélenchoniste reste fragmentée. Glucksmann se fixe jusqu’en septembre pour imposer sa candidature.
Vous avez accordé trois mois pour convaincre les Français de soutenir votre candidature à la présidentielle. Pourquoi ce choix de délai ?
Je ne souhaite pas être une candidature supplémentaire à gauche, le paysage est déjà encombré. Ces trois mois représentent une opportunité pour moi de parcourir le pays et d'échanger avec les citoyens sur des sujets cruciaux comme la transition écologique, la rénovation thermique des écoles et la justice sociale. Je veux qu'à l'issue de cette période, la gauche démocratique soit en mesure de proposer une réelle alternative pour le futur de notre pays.
« Les militants du PS et de Place publique doivent voter pour désigner leur candidat, j’y suis favorable. »
Pour vous, convaincre signifie-t-il être en tête des sondages ?
Les sondages sont effectivement un élément clé, mais ils ne suffisent pas. Un projet solide et une dynamique de rassemblement sont également essentiels. C’est pourquoi ce délai est crucial, car après, il faudra réellement se mettre en campagne. La France doit se réveiller.
Vous êtes opposé à une primaire à gauche. Comment comptez-vous surmonter cet obstacle ?
Je n’envisage pas cette campagne indépendamment des socialistes. Lors des élections européennes, nous avons agi ensemble et je reconnais l’importance du soutien des militants du PS. Leur voix doit compter dans la désignation du candidat pour la présidentielle.
Interrogé sur vos idées pour un sursaut patriotique, que souhaitez-vous proposer ?
Nous devons rompre avec les dépendances énergétiques et industrielles qui limitent notre liberté. Je propose un leasing social généralisé pour permettre l'accès à des voitures électriques pour les Français gagnant moins de 2 000 euros par mois. Il est essentiel de prendre des mesures pour se réapproprier notre autonomie industrielle et technologique.
« Augmentons la taxation sur les super héritages. »
Face à la canicule, comment allez-vous financer cette transition écologique ?
Au moment de la crise liée à la guerre en Ukraine, des milliards ont été engagés pour compenser la hausse des prix des énergies. Il est impératif d'investir dans des projets durables comme la rénovation thermique. Ne rien faire nous coûtera encore plus cher à long terme.
Enfin, vous évoquez souvent une société d'héritiers. Qu'en est-il réellement ?
Il y a cinquante ans, la fortune des Français résultait majoritairement de leur travail plutôt que de leur héritage. Nous assistons aujourd'hui à une inversion de cette tendance. Pour rétablir l'équilibre, il est nécessaire d'augmenter la taxation sur les très gros héritages, en protégeant la classe moyenne. Nous devons remettre le mérite au cœur de notre société.
Raphaël Glucksmann présentera son livre « Nous avons encore envie » à Bordeaux, à la librairie Mollat, ce jeudi 25 juin à 17 heures.







