L’essentiel
Le conseil municipal de Lourdes a une nouvelle fois ravivé les tensions autour de son règlement intérieur. Un article controversé limitant les prises de parole a divisé les élus, poussant Philippe Subercazes à quitter la séance en menaçant de saisir le tribunal administratif.
La séance s’est tenue à l’Espace Robert-Hossein en raison d’une canicule persistante, mais la température y était tout de même très chaude, au propre comme au figuré.
L’article 24, récemment modifié, a été au centre des débats. Adopté durant la séance, il stipule que chaque conseiller ne peut s’exprimer que deux fois à moins d’une autorisation spéciale du président. « Cette disposition peut sembler anodine, mais elle brime la liberté d’expression. Imaginons qu'une question suscite de nouvelles réponses : le conseiller ne pourra pas réagir », a souligné Philippe Subercazes.
En réponse, Dominique Arramond, rapporteur de la délibération, a insisté sur l’importance des commissions préparatoires, qui permettent également de débattre des questions sans limite de parole. Le maire Thierry Lavit, pour sa part, a mis en lumière l’absence de Philippe Subercazes lors des moments cruciaux du conseil, tels que le Dob et le budget, ajoutant une couche à la tension ambiante.
Retour sur des promesses électorales
Les choses se sont encore envenimées lors de la discussion du compte administratif, un sujet brûlant qui avait fait l’objet de nombreuses promesses pendant la campagne électorale. En confiant la présidence de séance à son premier adjoint, Stéphane Peyras, le maire a ouvert la porte à des interrogations par rapport à la capacité d’autofinancement (CAF), une question capitale soulevée durant les dernières élections.
« Vous avez présenté des chiffres erronés lors de la campagne, alors que les comptes n'étaient pas encore validés. Pourquoi avez-vous utilisé ces données non officielles ? » a demandé Subercazes, soulevant une polémique. Il a aussi critiqué la disposition physique des élus d’opposition dans la salle, qu’il jugeait désavantageuse.
Une opposition divisée
Patrick Lefort, adjoint aux finances, s’est efforcé de clarifier les chiffres avancés par son prédécesseur. Il a noté que la CAF devrait augmenter, avec des échelles de seuil d’alerte se situant autour de 6 à 7 %. Toutefois, il a également révélé que la CAF nette pourrait devenir négative si l’on tenait compte de certains remboursements de dettes.
Malgré les tentatives de clarification, Subercazes a été interrompu par le président de séance, qui l’a contraint à réduire son intervention. Déterminé à faire valoir ses droits, il a quitté la salle tout en promettant de contester ce qu’il considère comme des restrictions d’expression auprès du tribunal administratif. Ses collègues de l’opposition, Marie-Aimée Buffet et Bertrand Bilger, ont néanmoins choisi de rester jusqu’à la fin.
Ce nouveau clash entre élus est révélateur des luttes internes au sein de la municipalité, où l’opposition s’interroge sérieusement sur la transparence et la démocratie de fonctionnement. Les citoyens, de leur côté, devraient continuer à suivre de près les évolutions politiques dans cette ville emblématique des Pyrénées.







