Des militants pro-palestiniens, venus d'Australie, d'Allemagne et de Nice, relatent à l'AFP des expériences traumatisantes lors de leur interpellation en mai par les autorités israéliennes dans le cadre d'une "Flottille pour Gaza". Les cas de sévices ont conduit à des enquêtes judiciaires internationales, y compris en France et en Italie, qui visent à établir des responsabilités, tandis que l'Australie a également lancé une enquête indépendante. Israël, pour sa part, rejette ces accusations.
Trois des témoins, Meriem Hadjal, Noé Tissot et Malika Baouya, se trouvaient sur le voilier Peluxo transportant des fournitures essentielles quand ils ont été interceptés par une vedette israélienne en eaux internationales.
Les militants rapportent que les violences ont atteint leur paroxysme lors de leur regroupement en mer, qu'ils qualifient de "bateau prison". Malika Baouya, infirmière niçoise, évoque des souvenirs douloureux : "On m'a tirée par le bras, soulevée avec les mains attachées en arrière. J'ai hurlé de douleur, j'ai cru qu'on m'avait arraché le bras".
Soumis à des brutalités, notamment des électrocutions, les militants étaient retenus menottés et courbés, conduits vers un conteneur plongé dans l'obscurité. Meriem Hadjal, 38 ans, se remémore un soldat lui faisant des attouchements sexuels et se moquant de sa détresse.
Les témoignages sont terrifiants. Malika Baouya décrit des images de camarades blessés, tandis que Violet Coco, militante australienne, partage son expérience de coups de poing et de rires de soldats face à sa douleur.
Les militants ont ensuite été amenés vers un espace restreint sur le pont du navire, entourés de barbelés, où ils ont enduré plusieurs jours d'isolement. Malika Baouya, souffrant de blessures cervicales, et d'autres camarades ont été vus avec des visages tuméfiés et des corps marqués par la violence.
Les conditions étaient inhumaines : manque d'eau, absence d'hygiène, et blessures infligées à l'arrivée en terre israélienne. Noé Tissot a rapporté avoir reçu des coups de crosse au port, tandis qu'un autre militant a perdu des côtes. Les témoignages font état d'une répression brutale, allant jusqu'à des violences sexuelles.
Johannes Happel, travailleur social allemand, raconte avoir été témoin de violences incessantes, affirmant que "cruel, sadique et inhumain" décrivent parfaitement ce qu'il a vu. Neve O'Connor, une autre militante, note une recrudescence de violences sexuelles durant cette expérience.
"Ce que nous avons vécu, protégé par nos passeports, n'est qu'un avant-goût de ce que vivent les prisonniers palestiniens", déclare Meriem Hadjal. Ses comparaisons avec le traitement des Palestiniens visent à alerter sur la gravité des violations des droits humains. Malika Baouya prévoit d'apporter son témoignage lors de l'enquête ouverte par le parquet antiterroriste français.







