Depuis le début du conflit russo-ukrainien en 2022, le marché mondial des drones a connu une expansion remarquable, surtout dans le domaine militaire. En Nouvelle-Aquitaine, ce phénomène se traduit par un intérêt croissant pour les technologies de drone, qui pourraient voir leur valeur dépasser 110 milliards de dollars d'ici 2030, avec un financement conséquent prévu par la loi de programmation militaire 2024-2030.
Le salon UAV Show à Bordeaux, consacré à l'innovation dans le secteur des drones, illustre cette tendance. Créé en 2010, ce salon biannuel a été transformé en événement annuel en raison de l'afflux massif d'exposants et de visiteurs liés à l'armement. "La part d'exposants liés à la défense est passée de 10 % à plus de 50 % en 2025", déclare François Baffou, directeur de Technowest. Cependant, certains acteurs, tels que Patrice Le Foll de Drones Ingénierie Systèmes, expriment des réserves face à cette militarisation du secteur, craignant que les besoins civils soient négligés.
La Nouvelle-Aquitaine est en première ligne, avec plus d'une centaine d'entreprises spécialisées dans ce domaine, notamment grâce à des infrastructures comme le Cesa Drone, un corridor d'essai de 100 km le long du littoral. Des initiatives de formation pour la maintenance des drones, telles que celles menées par l'Aérocampus à Latresne, renforcent également la position de la région comme hub d'innovation.
un secteur toujours fragile, même pour ses figures de proue
Malgré ces développements, la viabilité économique des entreprises demeure incertaine. Dronisos, leader mondial des spectacles de drones, et Azur Drones, spécialisé dans la surveillance, illustrent cette fragilité, avec Azur Drones récemment placée en redressement judiciaire malgré une levée de fonds importante. Si des alternatives civilisées, comme Aerix Systems, dédié aux applications civiles, cherchent à se tourner vers le secteur militaire, il est clair que des défis subsistent.
l’intelligence volante d’icarius swarms “recrutée” par des armées
Icarius Swarms est l'une de ces entreprises qui a su pivot depuis le civil vers le défense. Spécialisée dans l'automatisation des drones, elle a déjà captivated des armées du monde entier, notamment celle de France et des États-Unis, et pourrait lever jusqu'à 25 millions d'euros prochainement.
Dans ce contexte, des acteurs comme Lynxdrone, bien qu’orientés vers des missions civiles en milieux dangereux, ne ferment pas la porte à des débouchés militaires. "Si nos solutions répondent à un besoin militaire, nous serons prêts", confie Jad Rouhana, fondateur de Lynxdrone. Cette approche rappelle que ce qui est développé pour le militaire pourrait bien trouver des applications pacifiques à l'avenir.
Alors que le marché des drones continue d'évoluer sous l'influence des tensions géopolitiques, le secteur en Nouvelle-Aquitaine fait face à des opportunités et des défis sans précédent.







