À peine quelques jours après son meeting réussi au Parc floral, Bruno Retailleau fait face à une nouvelle plutôt mauvaise. Laurent Wauquiez, le président des députés LR, a suggéré, dans une interview au Figaro, que Retailleau "devrait savoir se retirer si nécessaire" de la course présidentielle, tout en se rapprochant d'Édouard Philippe pour l'après.
"On ne va pas empêcher une girouette de tourner. C'est son problème", commente Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint des LR, sur BFM TV, soulignant que cela ne change rien pour la présidentielle. Un membre de l'équipe de Retailleau renchérit : "Nous méritons mieux que quelqu'un comme lui".
Après les critiques, les amabilités
L'annonce de l'ancien rival de Retailleau n'a pas été une surprise. En mai, Wauquiez avait déjà plaidé pour une union des forces, tout en esquivant toute alliance avec Philippe, qu'il a critiqué par le passé. Ce retournement de veste semble frapper au cœur des tensions internes au parti, où Retailleau se veut le garant d'une droite unie.
"Laurent Wauquiez change d'avis comme il change de chemise", remarque le sénateur Étienne Blanc, relevant ainsi l'incohérence dans la stratégie de Wauquiez. Dans un contexte où les sondages n'annoncent rien de bon pour le candidat des Républicains, les collègues de Retailleau expriment scepticisme et méfiance.
Vers une primaire évitable?
Les tensions se sont intensifiées ces derniers mois alors que Wauquiez se positionne comme le rassembleur au sein de la droite. Alors que plusieurs personnalités se montrent discrètes sur leur soutien à Retailleau, cette dynamique interroge quant aux intentions réelles de Wauquiez.
"Ce rapprochement avec Philippe clarifie les choses : nous, nous ne sommes pas macronistes", ajoute un proche de Retailleau, soulignant une volonté de distinction. Pourtant, la stratégie qui pourrait laisser de nombreuses voix de la droite sur la touche n'est pas sans risques. Édouard Philippe, de son côté, prend ses distances tout en notant le soutien ambigu de Wauquiez.
Un avenir incertain
En attendant, la dynamique interne au sein des Républicains reste encore à définir. Tandis que Wauquiez ne semble pas vouloir s'engager totalement dans un soutien à Retailleau, certains membres d'Horizons voient dans ce rapprochement une opportunité. "Il a de l'expérience, et même si je ne suis pas un grand fan, c'est quelqu'un qui sait ce qu'est la droite", remarque un député.
Cette situation des plus délicates montre l'incertitude sur l'orientation future de la droite : la capacité de rassembler des factions disparates sera décisive pour l'échéance présidentielle de 2027. Édouard Philippe, quant à lui, observera les développements avec un œil critique tout en élargissant son réseau.







