La famille de Louis Boistard, le garde-chasse abattu en 1946 dans l'Indre, a décidé de solliciter une trentaine de communes pour qu'elles retirent sans délai les noms de Raymond Mis et Gabriel Thiennot de leurs rues et places. Cette demande fait suite à un refus de la Cour de révision de réhabiliter ces derniers, comme l'a rapporté leur avocat à l'AFP.
L'affaire, qui est devenue une légende locale, est souvent comparée, par ses partisans, à "l'affaire Dreyfus du Berry". Elle suscite des passions dans cette région du centre de la France et a donné lieu à une campagne intense pour la réhabilitation des deux condamnés. Malgré cela, la Cour a tranché en rejetant la demande des héritiers, Mis et Thiennot ayant été condamnés à quinze ans de travaux forcés, puis décédés respectivement en 2009 et 2003.
« L'affaire Mis et Thiennot est désormais close. Il n'y a pas d'erreur judiciaire : ils étaient bien les meurtriers de Louis Boistard », a affirmé Me François Saint-Pierre, l'avocat de la fille de la victime, qui s'oppose à la révision. Selon lui, il est essentiel de respecter la décision de la justice.
Le 31 décembre 1946, deux jours après sa disparition, le corps de Louis Boistard a été découvert, criblé de plombs à Saint-Michel-en-Brenne. L'enquête a rapidement établi qu'il avait eu une altercation avec un groupe de chasseurs dont faisaient partie Mis et Thiennot.
« Nous sommes dans un État de droit, il convient d'en prendre acte. Je vais demander aux maires de retirer toutes les plaques de rues, de squares ou d'autres lieux qui portent leurs noms, sans délai », a ajouté Me Saint-Pierre.
Le maire LR de Châteauroux, Gil Avérous, a recensé 31 communes qui ont des lieux publics dénommés "Mis et Thiennot". Lors de l'audience du 11 juin, il a appelé la Cour à trancher ce dossier afin que la région puisse "cicatriser". À Châteauroux, une placette porte leur nom, tandis qu'un parc pour enfants à Pont-Chrétien-Chabenet et plusieurs rues à Argenton-sur-Creuse ou Déols participent également à cet hommage controversé.
Bien que certaines pièces-clés du dossier aient été considérées comme obtenues par la violence, la Cour de révision a confirmé que les éléments restants suffisent à justifier la condamnation. Ainsi, cette affaire, qui a marqué l'histoire locale, semble trouver ici son épilogue.







