Une étude récente du ministère de l'Éducation met en lumière un phénomène croissant : presque la moitié des élèves du primaire en France est scolarisée dans des classes multiniveaux, une tendance qui est surtout marquée en milieu rural. Selon le rapport du service statistique publié mardi, 47,4 % des classes étaient des classes multiniveaux en 2025, accueillant près de 48,3 % des élèves en France.
Cette situation est particulièrement présente dans les écoles rurales, où environ trois quart des élèves sont affectés à ces classes, contre seulement 38,2 % dans les zones urbaines. Ainsi, les petites structures, telles que les écoles de moins de 50 élèves, affichent une utilisation massive de classes multiniveaux, avec un taux de 91,8 %, comparé à 29,5 % dans les établissements plus grands de 200 élèves ou plus.
Dans le cadre de l'éducation prioritaire, les classes multiniveaux sont moins fréquentes, car depuis 2017, des mesures ont été prises pour dédoubler les classes de CP et CE1. Ces classes accueillaient 26,5 % des élèves en REP (Réseau d'Éducation Prioritaire) et 22,8 % en REP +, tandis qu'ils dépassent la moitié dans d'autres contextes éducatifs.
Un phénomène surtout rural
Les élèves de maternelle sont majoritairement scolarisés dans des classes multiniveaux, avec les configurations les plus courantes étant les classes associant petite et moyenne section (9,4 %) et les classes CM1-CM2 (8,8 %). Paradoxalement, le nombre d'élèves en classes à niveau unique, regroupant tous les niveaux, a diminué, représentant seulement environ 1 300 élèves à ce jour.
Des disparités selon les cycles et les structures
La Depp souligne que les élèves des classes multiniveaux ont tendance à obtenir de meilleurs résultats aux évaluations nationales. Cependant, il est essentiel de faire preuve de prudence dans l'interprétation de ces données, car la composition des classes peut être influencée par les niveaux scolaires des élèves.
Malgré les avantages apparents, les enseignants de ces classes signalent rencontrer des difficultés dans la mise en œuvre de méthodes pédagogiques différenciées et de remédiation. Seuls 40 % des enseignants de classes incluant un CP estiment qu'organiser des sessions de prise en charge ciblée est faisable, par rapport à 56 % pour les CP à niveau unique. Ces observations invitent à réfléchir à l'organisation scolaire dans des environnements variés et à l'impact que cela a sur l'apprentissage des élèves. L'éducation en classes multiniveaux interpelle donc à plusieurs niveaux, tant sur le plan des résultats des élèves que sur le bien-être des enseignants qui doivent naviguer dans ces réalités éducatives complexes.







