Le 14 janvier marque le début des traditionnelles cérémonies de vœux dans de nombreuses communes de l'Isère. Cependant, cette année, le contexte est particulier : ces événements surviennent à peine deux mois des élections municipales, et les maires doivent donc jongler avec des règles strictes imposées par la loi électorale.
Pour préserver l'équité, l'article L52-1 du code électoral limite la façon dont les élus peuvent faire état de leur bilan. « J'essaie de ne pas faire l'apologie de mes actions passées, plutôt de mettre en avant le travail à accomplir en 2025 », explique Denis Giraud, maire de Ruy Montceau. Cette prudence est partagée par d'autres élus, comme Mathieu Gaget, maire de Saint Quentin Fallavier, qui souligne la difficulté d'aborder le bilan sans évoquer les projets futurs.
Jean Papadopulo, président de la CAPI, déplore également cette frustation. « Les participants attendent de connaître les projets à venir, mais le cadre juridique les en empêche », souligne-t-il. Cela est particulièrement pénible pour les associations et chefs d'entreprises présents, emphase sur la nécessité d'une communication claire sur l'avenir. Pour contourner la situation, certains maires choisissent de se concentrer sur des thèmes moins chargés, comme la météo.
Pascale Badin, maire de Meyrié, a, par exemple, décidé de parler du cadre enchanteur de sa cérémonie en extérieur : « À -1 °C, le paysage était magnifique, et c'était une belle façon d'édulcorer le discours », confie-t-elle.
Les maires prennent aussi des mesures proactives pour éviter des cérémonies trop tape-à-l'œil. Christine Sadin, maire de Satolas-et-Bonce, précise : « J'ai choisi de faire des vœux simples, exprimant mes souhaits de bonne année sans allusion à mes ambitions pour le mandat. »
Les enjeux du financement jouent également un rôle crucial. Les maires sont conscients de la nécessité de respecter les normes budgétaires, veillant à ce que même l'impression des cartes de vœux demeure neutre et peu coûteuse.
Pendant ce temps, le spectre d’une élection annulée en Haute-Garonne il y a une décennie, due à des abus pendant les vœux, reste présent dans l'esprit des élus. Ainsi, chaque discours se transforme en un exercice minutieux, alliant convivialité et rigueur.
Pour conclure, en période pré-électorale, ces cérémonies de vœux revêtent un caractère délicat. Les maires doivent naviguer entre tradition et prudence, tout en gardant à l'esprit les attentes de leur électorat et les restrictions qui les entourent.







