À Bordeaux, l'Amicale laïque de Bacalan, forte de ses 44 ans d’existence, se trouve dans une situation critique. Les responsables de cette association, qui accompagne les populations les plus vulnérables du nord de la ville, cherchent à mobiliser 100 000 euros pour passer l'hiver. Le 30 janvier, une manifestation joyeuse et une pétition en ligne sont programmées pour sensibiliser le public à leur lutte.
Avec dix-neuf employés, l'Amicale fait face à un défi monumental. Nicolas Trezeguet, le trésorier nouvellement nommé, souligne : « Nous gelons nos dépenses. Le loyer, l’électricité et le gaz n’ont pas été réglés depuis juillet. L’objectif est de garantir les salaires de février. » Une subvention municipale est espérée en mars, mais cela ne couvre pas le déficit global. Selon les estimations, 60 000 euros manqueront à leur budget de 2026.
Les réductions des subventions publiques illustrent un constat alarmant : les collectivités locales imposent des mesures d’austérité. Avec une réduction des fonds de l’ordre de 100 000 euros entre 2023 et 2024, l’association a vu son budget passer de 338 000 à 238 000 euros en quelques années. Le Département, également en proie à des difficultés financières, doit limiter sa subvention à seulement 12 000 euros, contre 36 000 auparavant.
Les conseillers municipaux, comme Fannie Le Boulanger, affirment que bien que la ville ait accordé une aide exceptionnelle en 2023, les circonstances ne permettent pas à cette référence d'être applicable pour les années suivantes. Elle promet cependant un soutien accru pour l'année 2026.
« Nous sommes là pour aiguiller vers les administrations. Aujourd’hui, elles nous dirigent leurs usagers parce qu’elles manquent de ressources pour les aider », déclare Christian Galatrie, un ancien président de l'Amicale.
Avec environ 5 000 bénéficiaires, l'association joue un rôle vital dans le soutien administratif. Depuis le début de la pandémie, le besoin d'assistance a explosé, et le manque de disponibilité des services publics a créé une véritable pénurie d’aide.
Dans un contexte où les alertes sur la précarité sociale s'intensifient, les responsables de l'Amicale se sentent poussés à réduire leurs activités. « Nous avons déjà renoncé à certaines animations de quartier », admet Trezeguet, conscient que la demande d'aide ne cessera d'augmenter. Les réactions suggèrent que les fins de mois difficiles entraînent des inquiétudes pour l'avenir social des quartiers tels que Bacalan, qui a vu sa population croître de 10 000 habitants en seulement douze ans.
Les experts s'accordent à dire que la situation est préoccupante. En effet, selon une étude récente de l'INSEE, la précarité a augmenté dans de nombreux quartiers populaires de France, intensifiant ainsi le rôle des associations comme l'Amicale. La réponse des élus à cette problématique complexe doit aller au-delà des simples promesses.
Les prochaines étapes pour l'Amicale laïque de Bacalan nécessiteront probablement une mobilisation encore plus forte de la communauté et des partenaires. Les avis exprimés par différents acteurs sociaux indiquent que sans un soutien significatif et continu, la pérennité de l'association pourrait être mise en péril.







