Dans le nouveau film L’Affaire Bojarski, Reda Kateb nous entraîne dans l'univers complexe d'un faux-monnayeur aux talents singuliers. Réalisé par Jean-Paul Salomé, ce thriller captivant, tiré d'une histoire vraie, explore les méandres de la création de faux billets qui ont, à une époque, fait trembler la Banque de France.
Jan Bojarski, un inventeur aussi brillant que tourmenté, a commencé son parcours créatif après la Seconde Guerre mondiale. Ce personnage énigmatique a concocté des inventions, dont la capsule pour cafetières et le stylo-bille, sans jamais pouvoir les breveter à cause de ses origines polonaises. Sa reconversion dans la fabrication de fausse monnaie s'est ensuite faite dans l'ombre, loin des regards de sa famille, surtout de sa femme, superbement interprétée par Sara Giraudeau.
Reda Kateb, dans le rôle-titre, souligne l'importance de la crédibilité dans l'incarnation de personnages authentiques : « Un rôle commence toujours par le métier », affirme-t-il. Pour réaliser son interprétation, il a suivi une formation sur les machines de faux-monnayage pour s'imprégner des gestes et de l'état d'esprit de Bojarski. Ce souci du détail a été salué par de nombreux critiques, qui reconnaissent son talent pour donner vie à des personnages complexes et nuancés.
Au-delà de la criminalité, le film pose des questions sur la solitude et la quête de reconnaissance d'un artiste. Comme le souligne Bastien Bouillon, qui interprète le policier traquant Bojarski, les interactions entre ces deux personnages relèvent d’un jeu de chat et de souris. « Mon personnage admire réellement le faux-monnayeur », précise-t-il, ce qui rend leur dynamique d'autant plus complexe.
Jean-Paul Salomé offre une vision nuancée de ce criminel, le présentant comme un homme rempli de contradictions : « Il était discret tout en cherchant à attirer l’attention », note Reda Kateb. Ce film touche à une vérité poignante : même les plus grands génies peuvent se retrouver piégés par leurs propres créations. Les faux billets façonnés par Bojarski, aujourd'hui considérés comme des œuvres d'art, continuent de susciter l'intérêt et se vendent à prix d'or dans les ventes aux enchères.
En traitant de l'intime tout en préservant le drame, L'Affaire Bojarski nous invite à réfléchir sur les aspirations d'un homme unique, surjoué par le talent de Reda Kateb, qui a su captiver le public par sa profondeur et son humanité. La manière dont Salomé aborde ce parcours, respectant la mémoire de Bojarski et de sa famille, nous offre une œuvre riche et émouvante.







