L'Union Européenne a imposé une réduction drastique de 70 % des quotas de pêche de maquereaux, une décision qui, bien que nécessaire pour préserver cette ressource en déclin, soulève de vives inquiétudes parmi les pêcheurs normands. "C'est un coup dur pour notre communauté," déclare Michel, pêcheur à Port-en-Bessin, visiblement en colère et attristé par cette nouvelle qui touche fondamentalement leurs moyens de subsistance.
La Normandie, particulièrement le Calvados, se retrouve en première ligne de cette crise. Selon Dimitri Rogoff, président du comité des pêches de Normandie, "les petites gens paient le prix fort pour les abus des grands armements industriels, souvent néerlandais, qui exploitent les mers sans se soucier de leur avenir". Ces grands bateaux-usines, souvent critiqués pour leur impact sur l'environnement, ont contribué à l'épuisement des stocks de maquereaux, causant un préjudice direct aux pêcheurs artisans.
Les petits industriels, qui alternent entre la pêche de la coquille Saint-Jacques en hiver et celle du maquereau en été, voient leurs pratiques bouleversées. "Imaginez la détresse de ceux qui, après avoir investi dans un nouveau bateau, se voient interdire de pêcher l’un des poissons les plus prisés et lucratifs par les consommateurs," explique Dimitri Rogoff, soulignant la crise à venir pour environ 250 bateaux en Normandie.
En moyenne, les matelots pourraient subir une perte salariale de 500 euros par mois, selon un jeune matelot de Trouville. "Cela impacte gravement notre budget familial," dit-il, ajoutant que certains patrons de bateaux envisagent de laisser leurs navires à quai pendant toute la saison estivale, ne faisant que des saisons de coquilles Saint-Jacques, une autre source de revenu, mais nettement moins payante.
La colère des pêcheurs est d'autant plus amère face à la situation inégale avec des pays comme l'Islande ou la Norvège, qui bénéficient de quotas plus favorables et servent une grande partie de leur production sur le marché européen. Une telle disparité menace non seulement les pêcheurs, mais pourrait également entraîner une hausse des prix du maquereau pour les consommateurs dans les mois à venir.
Cette situation rappelle l'importance de l'équilibre entre la préservation des ressources maritimes et le soutien aux pêcheurs locaux. Des mesures plus équitables sont nécessaires pour éviter que les petites communautés de pêcheurs, essentielles à la culture locale, ne disparaissent.







