La centrale nucléaire de Fessenheim, la plus ancienne de France, entame une nouvelle phase de son histoire avec le démantèlement prévu pour mai 2026. Ce processus, qui devait initialement débuter plus tôt, a été retardé, mais les préparatifs sont désormais bien avancés.
Les travaux de pré-démantèlement, qui ont débuté en 2023, sont déjà presque complétés, atteignant 98%, grâce aux efforts de 450 agents d'EDF et sous-traitants. Pour rappel, la centrale a cessé ses activités en juin 2020, marquant la fin d'une époque.
Ce démantèlement devrait s'étendre sur 15 à 20 ans, comme l'a confirmé le directeur de la centrale, André Kremer. Un décret d'autorisation est prévu pour publication en mars, et les travaux démarreront officiellement en mai prochain.
Au fil des ans, des éléments émblématiques ont déjà été retirés, dont le combustible nucléaire et d'autres déchets, tandis que des modifications infrastructurelles ont été effectuées. Kremer souligne que cette étape cruciale comprend la suppression de chaudières et des ajustements sur les systèmes électriques.
Un volume impressionnant de déchets
Le démantèlement se traduira par le déplacement de 6.000 tonnes de matériels, soit l'équivalent de plus d'une tour Eiffel. La salle des machines a été complètement détruite, impliquant le retrait de quatre transformateurs et de 28 kilomètres de câbles.
Le retrait des composants clé
Le début du démantèlement s'accompagnera de deux phases principales : le retrait des générateurs de vapeur, qui seront stockés pour une gestion sécurisée. Parallèlement, le bâtiment combustible sera également démonté.
André Kremer insiste sur l'importance de cette opération : "Nous voulons tourner la page sur l'histoire de Fessenheim, qui a ouvert ses portes en 1977". L'objectif est d'évacuer jusqu'à 400.000 tonnes de déchets, tout en préparant le terrain pour un technocentre prévu près de la centrale d'ici 2031, dédié au recyclage des déchets faiblement radioactifs. Les coûts de ce projet colossal s'élèvent à 1 milliard d'euros.
Ce démantèlement marque donc non seulement la fin d'une époque, mais aussi l'espoir d'un avenir plus durable pour la région, dans un contexte où la transition énergétique devient primordiale. Selon des experts, la gestion des déchets et la reconversion des sites nucléaires sont des enjeux cruciaux pour le paysage énergétique français dans les années à venir.







