À peine deux mois après son adoption, le budget de la Sécurité sociale semble déjà en péril. Un rapport récent du Haut Conseil au financement de la protection sociale révèle des omissions préoccupantes, avec des mesures non prises en compte impactant sérieusement les prévisions financières.
Le document souligne l'absence de deux dispositions majeures, ce qui pourrait engendrer un accroissement du déficit de 700 à 800 millions d'euros, un fardeau conséquent alors que le budget était déjà dans le rouge.
La première nouvelle alarmante concerne la mise en place anticipée d'un nouveau congé parental, prévue initialement pour 2027, mais qui sera effectif dès janvier. Cet amendement, soutenu par La France insoumise, pourrait coûter entre 200 et 300 millions d'euros par an, sans provisions budgétaires adéquates.
Le gouvernement, de son côté, a également contribué à ce déséquilibre en annonçant une réduction de la facture d'électricité pour les ménages, estimée à 540 millions d'euros. Comme expliqué par Roland Lescure, cette mesure, bien que symbolique, s'accompagne d'une diminution des recettes fiscales, laissant la Sécurité sociale compenser le manque à gagner. En conséquence, cette situation pourrait punir les contribuables ordinaires.
Un budget caduc
Le déficit lié aux retraites pourrait approcher les 5 milliards d'euros cette année. La suspension de la réforme des retraites aggrave encore davantage la situation, entraînant un coût « immédiat » de 300 millions d'euros, qui devrait atteindre presque 2 milliards l'année suivante. De plus, les mesures censées compenser cette hausse, comme la désindexation des pensions, ont disparu des discussions budgétaires.
Finalement, le bilan est sans appel : le budget de la Sécurité sociale repose principalement sur des augmentations de prélèvements, alors que les économies se sont effondrées. Les recettes sont passées de 2,1 milliards à 6,6 milliards d'euros, tandis que les économies ont chuté, provenant de 9,1 milliards à seulement 2,7 milliards.
Cette situation est préoccupante, et comme le souligne le Haut Conseil, l'objectif de redressement vers un équilibre budgétaire semble encore lointain.







