Mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) indiquera probablement qu'elle n'est pas prête à assouplir sa politique monétaire, alors que le conflit au Moyen-Orient jette un doute quant à la maîtrise de l'inflation.
Les mots de Jerome Powell, président de la Fed, cette semaine, risquent d'évoquer l'importance de l'attentisme dans son discours. En effet, la banque centrale adopte souvent une approche "wait and see" lorsqu'elle fait face à des incertitudes économiques.
L'escalade des tensions suite aux frappes israélo-américaines sur l'Iran fin février a provoqué une vague d'incertitude mondiale, particulièrement avec la paralysie du détroit d'Ormuz, augmentant ainsi les prix de l'énergie.
En réponse à cette hausse des coûts, la Banque centrale australienne a récemment augmenté ses taux. Cependant, la Fed semble prendre une position différente, maintenant ses taux directeurs entre 3,50% et 3,75% depuis décembre dernier.
Les analystes prévoient que ce statu quo pourrait perdurer, alors que Gregory Daco, économiste chez EY, souligne que la Fed pourrait rester inactive pendant un temps prolongé.
Cette situation pourrait inciter davantage de banquiers centraux à adopter une posture plus agressive face à l'inflation. En effet, l'objectif de la Fed de stabiliser l'inflation au taux cible de 2% n'a pas été atteint depuis cinq ans, avec des prix qui ont augmenté de 2,8% en janvier.
Au-delà de la lutte contre l'inflation, la Fed doit également veiller à maintenir un niveau de plein emploi. Trouver un équilibre en période de stagflation représente un exploit complexe pour la banque.
Il convient de noter que douze votants déterminent la politique monétaire, majoritairement des économistes. Ces derniers n'ont pas réussi à s'accorder unanimement sur des décisions depuis plusieurs mois.
Avec la guerre au Moyen-Orient, Daco prédit que les défis auxquels la Fed fait face pourraient s'intensifier.
Lors de la précédente réunion, les gouverneurs Christopher Waller et Stephen Miran avaient soutenu une réduction des taux. Ils pourraient trouver des justifications à cette position compte tenu des faibles créations d'emplois observées récemment.
Cependant, les analystes de la banque ING mettent en garde : défendre la crédibilité de la Fed en matière d'inflation devient difficile quand les taux se trouvent au-delà de l'objectif fixé.
Les marchés observeront attentivement les prévisions économiques que la Fed publiera, qui seront mises à jour pour la première fois depuis décembre. La question se posera alors : quels niveaux de croissance, d'inflation et de chômage seront envisagés d'ici la fin de l'année, et comment cela influencera-t-il les taux d'intérêt ?
Jusqu'à présent, les prévisions tablaient sur un seul abaissement éventuel des taux pour 2026. Si cette perspective devait disparaître, cela signifierait que le camp des "faucons" au sein de la Fed a gagné du terrain.







