Bruxelles : un nouvel élan pour les entrepreneurs avec EU Inc

Bruxelles lance EU Inc pour dynamiser les start-up et attirer les investisseurs.
Bruxelles : un nouvel élan pour les entrepreneurs avec EU Inc

L'Union européenne, face à une économie en stagnation par rapport aux États-Unis et à l'Asie, lance EU Inc, une initiative destinée à révolutionner la création d'entreprises. Ce modèle juridique novateur permettra de fonder une société en quelques clics, sans exigence de capital initial.

« Notre ambition est claire : simplifier la création d'entreprises, favoriser leur croissance et attirer des investisseurs à travers l'Europe », a indiqué Michael McGrath, commissaire européen, lors d'une récente présentation. Le projet sera détaillé officiellement ce mercredi.

D'après les détails rendus publics, les entrepreneurs pourront établir leur société en ligne, en seulement 48 heures, avec des démarches allégées au minimum indispensable.

Un des éléments clés d'EU Inc est l'absence d'exigences de capital minimum, avec des coûts limités à 100 euros pour la création.

Ce « 28e régime » proposé par la Commission européenne vient compléter les statuts juridiques existants dans les 27 États membres, tels que les sociétés à responsabilité limitée (SARL) en France ou les GmbH en Allemagne.

- Émigration des licornes -

La version préliminaire du règlement sur EU Inc souligne qu'il offrira une grande flexibilité aux fondateurs quant à la structure de gouvernance et d'actionnariat, ce qui pourrait faciliter les financements futurs et éventuellement mener à des introductions en Bourse.

L'UE s'efforce ainsi de mettre en œuvre une recommandation clé formulée par les économistes Enrico Letta et Mario Draghi, qui avaient mis en lumière les nombreux obstacles freinant la création et la croissance des start-ups en Europe.

Bien que l'Europe compte plus de 33 millions d'entreprises, la majorité d'entre elles (99%) ne comptent pas plus de 49 employés. Un constat alarmant est que près d'un tiers des licornes européennes, ces entreprises évaluées à plus d'un milliard de dollars, finissent par quitter le continent pour rechercher de meilleures opportunités de financement, souvent aux États-Unis.

Les valorisations boursières des entreprises européennes restent également en deçà de celles de leurs homologues américaines. Actuellement, seule ASML, basée aux Pays-Bas, dépasse les 500 milliards de dollars, tandis que plusieurs entreprises américaines affichent une valorisation de plus de 1 000 milliards.

- Inquiétudes des syndicats -

L'économiste Reinhilde Veugelers, du think tank Bruegel, estime que ces initiatives pourraient jouer un rôle déterminant dans la revitalisation économique européenne. « Améliorer notre capacité d'innovation est essentiel pour maintenir notre compétitivité », souligne-t-elle.

Cependant, l'eurodéputé Pascal Canfin (Renew, centre) attire l'attention sur les défis persistants : « Les entreprises peinent à trouver des financements pour croître, et souvent, quand elles y parviennent, elles se déplacent à l'étranger. » Il cite l'exemple de Spotify et Klarna, toutes deux cotées aux États-Unis.

La Commission entend résoudre ce problème en proposant un « régime harmonisé de stock-options », particulièrement apprécié dans le secteur technologique. Toutefois, la diversité des systèmes entre les États membres complique la tâche des recruteurs.

Néanmoins, selon Pedro Oliveira, directeur des affaires juridiques de BusinessEurope, « le 28e régime ne réglera pas l'ensemble des difficultés rencontrées par les entreprises sur le marché européen, comme les coûts énergétiques élevés et le poids des réglementations ». De plus, les défenseurs des droits des travailleurs s'inquiètent d'un possible contournement du droit du travail et des règles fiscales.

Les syndicats européens, par le biais de l'ETUC, craignent notamment que les stock-options ne remplacent les salaires, car elles n'offrent pas les mêmes droits et protections aux travailleurs.

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