Ce mardi, un commerçant d'Alès a été jugé pour des actes répréhensibles lors d'une intervention policière à son domicile. Ivre et provocateur, il a écopé d'une peine de prison avec sursis.
Une intervention qui dégénère
En décembre dernier, dans la ville d'Alès, une intervention policière se transforme rapidement en chaos. L'incident débute avec un accident automobile impliquant son fils, qui, sous l'influence de l'alcool, a perdu le contrôle de son véhicule. En cherchant de l'aide, le père arrive sur les lieux lui-même ivre.
Les forces de l'ordre, déjà présentes, doivent le contrôler. Avec un taux de 0,83 mg d’alcool dans l’air expiré, les tensions s'intensifient. "Espèce de connards, laissez-moi fumer. Vous aussi, vous buvez!" aurait-il crié à l'adresse des agents. Cela a nécessité une intervention qualifiée de "musclée" par la présidente de l'audience, Hélène Biville. Au commissariat, l'homme, en perdant l'équilibre, affirme qu'il a été poussé par un policier.
Un récit confus devant le tribunal
Devant la cour, le quinquagénaire a du mal à se remémorer les détails de l'incident. "Je ne pense pas avoir menacé… Mes paroles ont dépassé ma pensée," avoue-t-il, admettant avoir "perdu les pédales" en voyant son fils menotté. La présidente s'appuie sur le procès-verbal, qui évoque plusieurs insultes, des menaces et même le moment où il exhibe ses fesses devant une policière, en s'écriant : "Vous faites une fouille à corps, non ?".
L’incident est également marqué par la découverte d’un couteau sur lui. Pour expliquer sa possession, il avance qu’il avait simplement l’intention de couper des huîtres, ignorant l’interdiction de port d’arme sans motif légitime.
Les trois policiers impliqués, bien que absents durant l'audience, forment une partie civile. Leur avocate, Me Carole Castelbou-Dourlens, dénonce un comportement inacceptable et signale l'absence d'excuses de la part du prévenu. "Un homme qui voit son fils menotté peut céder à l'émotion, mais cela ne justifie pas ses actes," prévient-elle.
Un comportement déplacé condamné
Le procureur de la République, Abdelkrim Grini, souligne le problème récurrent : "Des policiers sont souvent pris pour cibles alors qu’ils effectuent simplement leur travail." Bien qu’il comprenne l'angoisse du père, il marque également les limites de ce qui est acceptable, en qualifiant l'exhibition devant une police féminine de "comportement inacceptable". Il requiert huit mois de prison avec sursis.
Pour la défense, Me Martin Faure dépeint son client comme un homme sans histoire, affecté par l'incident. "Il a eu peur pour son fils et a perdu ses moyens," tente-t-il de justifier, tout en plaidant pour une atténuation des sanctions, notamment la suspension de permis, qui affecterait son client dans ses obligations familiales.
En délibérant, le tribunal a admis une peine légèrement inférieure aux réquisitions. Il inflige six mois d'emprisonnement avec sursis, quatre mois de suspension de permis et 750 euros d'amende. Les policiers obtiennent également 500 euros chacun.







