Depuis le retour de Donald Trump, une vague de patriotisme traverse le Canada. Cependant, en Alberta, province pétrolière de l'ouest, un groupe grandissant aspire à l'indépendance, tout en étant observé de près par le mouvement MAGA de l'autre côté de la frontière.
Les citadins comme les ruraux se retrouvent, même durant l'hiver, pour signer une pétition demandant un référendum et pour entendre des discours plaidant en faveur d'une Alberta autonome.
Lundi soir, des milliers d’habitants se sont rassemblés à Calgary. Parmi eux, de nombreux hommes en chapeaux de cowboys et des pancartes « Indépendance de l'Alberta » fleurissaient. Les drapeaux provinciaux illustrant les Montagnes Rocheuses étaient omniprésents.
Jordan Fritz, un participant enthousiaste, déclare : "Nous avons besoin d'oléoducs ici. Si le gouvernement canadien ne nous aide pas, les Américains le feront certainement", rapportant ses espoirs à l'AFP.
La dynamique indépendantiste en Alberta, bien qu'inspirée par des raisons économiques, vise principalement à rompre le lien financier entre la province et le reste du Canada. Frédéric Boily, professeur à l'Université de l'Alberta, souligne comment la colère face aux politiques environnementales du gouvernement Trudeau a alimenté ce ressentiment.
Mark Carney, l’actuel Premier ministre, a suspendu certaines des mesures controversées mais n’a pas réussi à apaiser les revendications des Albertains, dont beaucoup estiment avoir perdu leur voix au niveau fédéral. Jennifer Wiebe, portant un pull « République albertaine », insiste sur le fait que "l'Alberta pourrait être plus prospère et libre si elle était indépendante".
Un groupe dénommé "Alberta Prosperity Project" a lancé une pétition visant à récolter 178,000 signatures d'ici au 2 mai pour un éventuel référendum. La question posée pourrait se révéler délicate : "Êtes-vous pour que l'Alberta devienne un État indépendant ?".
Bien que des sondages montrent qu'un tiers seulement des Albertains soutiendraient l'indépendance, les craintes d'ingérence des partisans de Trump planent. Frédéric Boily rappelle que "l'agitation américaine a des répercussions directes sur la situation albertaine", citant les menaces d'annexion et de taxes sur les exportations.
Au Forum économique mondial de Davos, le ministre américain des Finances a failli appuyer l'idée d'une Alberta indépendante en la qualifiant de "partenaire naturel" pour les États-Unis. Selon lui, "les Albertains sont des gens très indépendants".
Steve Bannon, ex-conseiller de Trump, évoque dans son podcast que le Canada est perçu comme "un intérêt de sécurité vital pour les États-Unis", assimilant ce pays à un potentiel avertissement, similaire à la situation en Ukraine face à la Russie.
À la tête de l’Alberta, Danielle Smith maintient des liens étroits avec le mouvement trumpiste et est l'une des rares élues canadiennes à éviter de critiquer ouvertement Trump.







