"Voilà, là c'est le début du film, ça commence par l'entrée dans la serre", partage Pierre Pizano, en visitant le jardin de Sophia Gaultier, situé dans le quartier des Trois-Cités à Poitiers. Avec sa camarade Sandra Holin, tous deux étudiants en anthropologie audiovisuelle à l’Université de Poitiers, ils ont consacré plusieurs jours entre mars et avril 2025 à capturer le quotidien de Sophia, maraîchère urbaine. Leur film sera projeté pour la première fois ce vendredi 13 février à 20 heures, à l’Envers du Bocal.
"Au moment où on a tourné, il y avait des plants de partout, beaucoup de vie dans cette serre", se souvient Pierre. Au fil des visites, les deux réalisateurs ont appris à connaître Sophia avant même de commencer à filmer : "C’est facile de filmer quelqu’un sans comprendre les enjeux. Mais quand on passe la journée à retourner la terre ou à ramasser des patates, on se rend compte à quel point c’est physique", réfléchit-il.
C'est dur physiquement, mais qu'est-ce que c'est plaisant
"C'était formidable de rencontrer Sandra et Pierre qui mettaient les mains dans la terre pour m'aider. Ce documentaire évoque aussi cette période où je devais jongler avec mon métier tout en étant enceinte", confie Sophia. Le film dure environ vingt minutes et selon Sandra, "notre objectif était de réaliser un portrait de Sophia, de lui donner l’opportunité de s’exprimer sur ses défis".
Avant de devenir maraîchère, Sophia était coiffeuse et s’inscrit désormais dans un parcours d’apprentissage : "Je suis une apprentie maraîchère, il y a énormément de choses que je ne maîtrise pas encore." Le documentaire met en lumière les exigences de son métier : "J'ai des kilos à porter, et à force, cela se transforme en tonnes. C'est là qu'on peut vraiment se blesser à long terme", admet-elle. Mais pour elle, la charge en vaut la peine : "C'est dur physiquement, mais qu'est-ce que c'est plaisant. On est dans la nature, respirer change tout. Il n'y a pas de monotonie. C'est enrichissant et cela a du sens", conclut-elle.







