Après quatre jours de pluies incessantes, la plaine de la Garonne marmandaise est devenue le théâtre de scènes de solidarité et de souffrance. Les habitants de Jusix, un village de 45 âmes, se retrouvent encerclés par les eaux et se préparent à une semaine éprouvante.
Ce dimanche 15 février, le maire Laurent Capelle alertait : « Nous avons des prévisions de légère baisse, suivies de nouvelles hausses dès la nuit de mardi à mercredi. Nous nous préparons à encore sept à dix jours d’isolement. Cela s’annonce très difficile. » Écrasé par l’angoisse de ne jamais revoir ses concitoyens en dehors de cette situation, le maire observe la désolation depuis son étage, car son bureau a été envahi par les flots.
Les équipes de secours, composées de bénévoles, poursuivent leur va-et-vient en bateau pour apporter de la nourriture. « Nous allons tous les jours aux secours des sinistrés. On se serre les coudes », raconte Christian Larribiere, un secouriste qui fait la navette depuis la commune de Lamothe-Landerron. La municipalité voisine fournit des croissants et du pain, apportant un peu de réconfort aux familles sinistrées.
Sur le terrain, les habitants témoignent de leur résilience. Une mère de famille, encore sereine tant que l’eau ne pénètre pas dans sa maison, déclare : « On n’a pas peur. On attend que ça passe. » Pour d’autres, comme François et son fils Coryan, le quotidien devient pesant. « Si ça dure trop longtemps, on devra partir, confie François. Il est compliqué de rester enfermé ici. »
« Petit à petit, les habitants vont craquer », alerte le maire. Le soutien psychologique fait défaut, et il a demandé une cellule pour aider ceux affectés par cette horrible expérience. Les souvenirs de la crue de 2021, qui avait permis un retour à la normale en trois jours, pèsent lourd. « Cette fois-ci, c’est bien pire, et nous devrons affronter des jours difficiles jusqu'à la dégradation de la situation », ajoute Capelle.
Avec le moral qui commence à faiblir après tant de jours d’isolement, les habitants de Jusix tentent de garder le sourire. Les moments de convivialité restent précieux, même dans la tourmente. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider et soutenir nos voisins. Même si les temps sont durs, cette solidarité nous unit », conclut Christian Larribiere, ému.







