Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a annoncé que quelques centaines d'agents de sûreté de la SNCF et de la RATP seront prochainement autorisés à utiliser des pistolets à impulsions électriques pour faire face à la violence croissante dans les réseaux de transport.
Ces dispositifs, souvent désignés par la marque Taser, seront utilisés lors d'une phase expérimentale, Tabarot les considérant comme une réponse appropriée face à certaines situations violentes. "Cette mesure peut offrir une solution proportionnée", a-t-il affirmé lors d'une interview sur TF1.
L'initiative touchera au départ environ 10% des agents de la police ferroviaire, soit entre 300 et 400 agents, qui seront déployés dans les semaines à venir. La SNCF compte 3.000 agents dans son service de surveillance, connu sous le nom de SUGE, tandis que la RATP dispose d'un effectif de 1.000 agents au sein de son Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR). Tous ces agents sont déjà formés et assermentés, habilités à porter des armes létales.
Cette autorisation d'usage d'une arme "non létale" est prévue pour une période expérimentale de trois ans, comme le stipule un décret publié dans le Journal Officiel. Le but annoncé est de "maîtriser les situations à risques, réduire le recours aux armes à feu et minimiser les blessures", tant pour les agents que pour les usagers.
Philippe Tabarot a souligné que les citoyens exigent des garanties de sécurité dans les transports. Selon lui, il est essentiel que les forces de l'ordre puissent se protéger et protéger les voyageurs. "Dans certains pays, le Taser a démontré son efficacité", a précisé une source du ministère, citant comme exemple l'intervention des forces de sécurité au Royaume-Uni, où un homme avait blessé plusieurs personnes lors d'une attaque.
En revanche, les statistiques récentes montrent des résultats mitigés en matière de sécurité. En Île-de-France, les vols avec violences ont diminué de 9,8% tandis que les violences physiques ont augmenté de 4,8%. Les violences sexuelles, bien qu'en baisse de 0,9%, restent préoccupantes : un rapport de l'Observatoire National des Violences faites aux femmes révèle que sept femmes sur dix ont subi des violences sexistes dans les transports.
Xavier Piechaczyk, PDG de la RATP, a qualifié ces chiffres de "non satisfaisants", plaçant la sécurité, notamment celle des femmes, au cœur de ses priorités. Il a annoncé que cette nouvelle prérogative serait mise en œuvre "dès que possible".
La SNCF a également exprimé son soutien à cette expérimentation, qui devrait améliorer les capacités opérationnelles de ses agents face à des situations à risque. Les pistolets Taser, dotés d'une portée de 10 mètres, pourraient offrir un moyen efficace de dissuasion.
Cependant, la mesure ne pourra être appliquée qu'une fois qu'un arrêté réglementaire précis aura été publié, accompagnant la formation des agents concernés. Une évaluation du dispositif sera également effectuée à l'issue de ce processus.Step".
Cette expérimentation découle de la loi sur la sûreté dans les transports, initialement portée par le ministre des Transports alors sénateur, mais qui avait été censurée par le Conseil constitutionnel pour vice de forme.







