Joseph a quitté son Cameroun natal à 16 ans, poussé à la rue par sa propre famille après l'avoir découvert homosexuel. Aujourd'hui âgé de 24 ans, il est devenu membre actif de l'association "Les Bascos", qui se bat pour les droits des jeunes LGBT+ sans-abri, à Bayonne.
Originaire de Douala, Joseph rappelle avec émotion son expérience : "Je fuyais ma maison, mais je ne savais pas ce que signifiait vivre dans la rue. J'ai passé cinq ans à errer entre le Niger, l'Algérie, le Maroc et finalement l'Espagne avant de poser mes bagages au Pays Basque." Malgré les défis de l'exil et la stigmatisation qu'il subit, Joseph a appris à naviguer dans cette nouvelle vie, cachant fréquemment son orientation sexuelle.
Grâce à l'association "Les Bascos", il a enfin trouvé un toit, ce qui lui a permis de commencer à vivre plus librement et d'aider d'autres jeunes dans des situations similaires. "Le Pacte citoyen" récemment proposé aux candidats aux municipales rappelle les besoins pressants des jeunes LGBT+ victimes de rejet familial, notamment en matière de logement d'urgence.
Joseph se souvient de sa découverte de l'homosexualité à douze ans, dans un environnement où le sujet est un tabou. Avec le soutien d'internet, il a pu mieux comprendre son identité, mais cela ne l'a pas empêché de vivre dans la peur de perdre tout contact familial en cas de révélation. "Vivre caché, c'est comme porter un masque", témoigne-t-il.
Après plusieurs années de lutte et d'incertitudes, Joseph a enfin trouvé sa place à Bayonne, mais il ressent encore les effets de la transition : "Ici, même si certains sont ouverts, la peur de s'afficher demeure. J'ai vu beaucoup de couples hétéros dans les rues, mais peu de couples LGBT+".
Sa participation active dans "Les Bascos" lui permet maintenant de soutenir d'autres jeunes, en partageant son expérience et en les aidant à surmonter le rejet. Joseph souligne l'importance des interactions sociales qui lui ont permis de croire en un avenir meilleur, malgré les incertitudes qui persistent, notamment concernant l'obtention de son statut légal en France.
Pour Joseph, chaque petit pas compte. Il se bat non seulement pour lui-même mais aussi pour ceux qui, comme lui, ont été rejetés et se retrouvent dans des situations difficiles. "Nous devons nous soutenir les uns les autres pour continuer à avancer," conclut-il.







