Dans une tournure inattendue, François Piquemal, représentant de La France Insoumise, et François Briançon, du Parti Socialiste, ont conjugué leurs forces pour créer une liste d'union visant à remplacer Jean-Luc Moudenc, le maire sortant, lors des prochaines élections.
Toulouse, bastion historique de la gauche, a souvent vu son hôtel de ville dirigé par des élus de droite, malgré un électorat plutôt favorable à gauche lors des diverses élections. En fusionnant la liste, LFI, qui a obtenu 27,5% des voix, et l'alliance PS-Écologistes-Place publique, à 25%, cherchent à renverser la situation face au maire sortant qui a dominé le premier tour avec 37%.
Sur le plan stratégique, Piquemal serait désigné maire, tandis que Briançon prendrait les rênes de la métropole, en cas de succès. Les négociations qui ont abouti à ce rapprochement ont été longues, mais essentielles, selon Briançon. Il a souligné qu'il avait pris ses responsabilités, malgré le refus de son parti de s'allier avec LFI au niveau national.
« Les Toulousaines et les Toulousains souhaitent voir la gauche unie », a-t-il affirmé, un sentiment renforcé par les attentes des électeurs. Cependant, cette union n'a pas fait l'unanimité : le Parti Radical de Gauche a déjà annoncé son retrait, rejetant une collaboration avec un représentant de LFI.
Moudenc, quant à lui, a critiqué ce mouvement, qualifiant l'union de « marchandage politique », et s'est opposé à cette alliance qu'il considère comme une capitulation envers un parti qu'il qualifie d'extrême. En réponse, il a appelé à un rassemblement autour de sa candidature pour contrer « l'extrême gauche mélenchoniste ».
Les divergences, par exemple sur la construction de la LGV Bordeaux-Toulouse, ont déjà été mises en lumière, bien que Piquemal ait fait savoir que ces débats se poursuivraient au sein de la métropole, où Briançon, partisan du projet, aurait une voix influente.
Régis Godec, un écologiste impliqué dans l'alliance, a évoqué les concessions de part et d'autre, montrant ainsi la volonté de construire un projet coherent et responsable plutôt que de conserver des ambitions individuelles. Son retrait de la course à la présidence de la métropole en est un exemple.
Il est intéressant de noter que François Piquemal, déjà élu conseiller municipal en 2020, avait alors dû abandonner son siège après avoir été élu député de Haute-Garonne en 2022, une situation qui a favorisé l’entrée de Briançon au conseil municipal. Rappelons qu’en 2020, l’union de la gauche avait échoué face à Moudenc, mais les acteurs impliqués cette fois semblent déterminés à tourner la page et à construire ensemble une nouvelle dynamique.







