L'État a conclu, le 31 mars, un accord pour acquérir les activités stratégiques d'Atos dans le domaine des supercalculateurs, valorisées à 404 millions d'euros. Cette opération marque une nouvelle étape dans la nationalisation des infrastructures critiques de la France, reflétant son engagement envers une souveraineté technologique accrue.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a affirmé : « Avec la finalisation de cette acquisition, l'État actionnaire franchit une étape décisive pour la souveraineté technologique de la France. » Cette acquisition suit de près l'offre ferme faite par l'État en juin 2025, après la nationalisation en novembre 2024 d'ASN, un fabricant de câbles de télécommunications, pour 350 millions d'euros.
À présent, l'État devient l'unique actionnaire de Bull, entité regroupant les activités stratégiques d'Atos ainsi que des supercalculateurs essentiels à la dissuasion nucléaire. Ces machines, aux performances impressionnantes, sont non seulement cruciales pour des applications civiles comme les prévisions météorologiques et la recherche scientifique, mais également pour des missions militaires.
Accélération du développement des supercalculateurs
Le processus d'acquisition apporte une valorisation de 404 millions d'euros aux activités de Bull, les activités de zData n’étant pas incluses dans la transaction. Atos, fort d'une équipe de plus de 2 500 personnes en France, notamment à l'usine d'Angers où sont assemblés les supercalculateurs, se positionne comme le seul fabricant européen et se classe troisième mondial derrière HPE et Lenovo.
Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, a exprimé son enthousiasme : « On est très heureux de ce nouveau départ qui va nous donner toutes les capacités pour investir et pouvoir développer encore plus vite nos supercalculateurs. » Bull a déjà été le fer de lance en Europe avec la conception de Jupiter, le premier supercalculateur « exascale », qui peut réaliser un milliard de milliards de calculs par seconde.
La feuille de route de Bull comprend désormais le développement du supercalculateur Alice Recoque, prévu en France d'ici fin 2026, en collaboration avec divers partenaires, démontrant ainsi le dynamisme du secteur.







