La scène mondiale est en émoi alors que Fatih Birol, le patron de l'Agence internationale de l’énergie (AIE), appelle à la vigilance concernant l'escalade de la crise énergétique. « Avril pourrait s’avérer désastreux, bien plus que mars », prévient-il, citant des interruptions majeures liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran. Cette situation pourrait engendrer non seulement des pertes pétrolières, mais aussi des impacts inflationnistes considérables qui pourraient affecter les économies émergentes, mettant en péril la croissance mondiale.
Dans un podcast relayé par CNBC, Birol a alerté que les livraisons de pétrole pour mars reposaient sur des cargaisons expédiées avant les hostilités. « Les livraisons en avril vont chuter dramatiquement », a-t-il affirmé.
« En avril, il n’y a rien. La perte de pétrole en avril sera deux fois supérieure à celle de mars. Un rationnement de l’énergie pourrait bientôt être instauré dans de nombreux pays. »
Les craintes sont tangibles parmi les investisseurs et les gouvernements. Ce mardi, Donald Trump a tenté de rassurer le marché en annonçant un retrait imminent des forces américaines d'Iran, mais Birol est moins optimiste. Selon lui, les perturbations actuelles pourraient avoir des ramifications durables sur l’économie mondiale, semblables aux chocs pétroliers de 1973 et 1979, lorsqu'environ 5 millions de barils par jour ont été perdus. "Aujourd'hui, nous perdons 12 millions de barils par jour", a-t-il déclaré.
Une crise sans précédent
Birol a expliqué que la situation mondiale est aggravée par les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement, touchant non seulement le pétrole, mais également le gaz et d'autres matières premières essentielles. L’AIE appelle à des mesures d'urgence, telles que la réduction de la consommation d'énergie et le télétravail, pour atténuer cette crise imminente.
Lors d'une réunion du G7, Christine Lagarde a exprimé des réserves face à l’optimisme de certaines autorités américaines, soulignant que les conséquences de la guerre en Iran se feraient sentir sur le long terme. Elle a ajouté que la destruction des infrastructures aurait des répercussions durables sur l'économie mondiale.
Alors que la situation continue d'évoluer, l'AIE s'engage à surveiller le marché en temps réel, explorant la possibilité de libérer davantage de réserves afin de répondre à la demande croissante. Cependant, Birol reste prudent : « Cela pourrait tempérer les problèmes, mais ce ne serait pas une panacée. »
Face à cette menace croissante, les gouvernements et les entreprises doivent impérativement se préparer à un avenir oscillant entre pénurie énergétique et inflation galopante. La route à venir promet d'être tumultueuse et nécessite une coopération internationale sans précédent.







