Des produits allant des aspirateurs aux cigarettes électroniques pourraient devenir plus coûteux si le conflit en Iran venait à se prolonger, d’après les industriels chinois déjà confrontés à des défis importants.
Les récentes frappes israéliennes et américaines sur l'Iran, ainsi que la fermeture du détroit d'Ormuz, ont perturbé l'approvisionnement en pétrole, essentiel pour la production de plastique dans toute la région asiatique.
Malgré ses réserves pétrolières considérables et l'utilisation accrue des énergies renouvelables, la Chine subit néanmoins la forte augmentation des prix des matières premières. "Nous avons enregistré des pertes sur toutes nos commandes", déclare Bryant Chen, directeur de l'usine d'aspirateurs RIMOO, située à Foshan, près de Canton.
M. Chen rapporte que le prix du plastique a augmenté d'environ 50% depuis le début des hostilités, mettant à mal la rentabilité de ses produits. "Les marges s'érodent rapidement, surtout pour des matériaux comme le cuivre et les composants des cordons d'alimentation", dit-il. Les volumes d'expédition et de production ne sont pas à la hauteur comparativement à l'année dernière, alors que la période estivale devrait être plus active.
À seulement deux heures de Foshan, dans la zone industrielle de Zhangmutou, les commerçants en plastique constatent des variations de prix extraordinaires. "Je n'ai jamais vu une telle volatilité en vingt ans de carrière", affirme Li Dong, un trader local. En mars, le prix des granulés de plastique a atteint des sommets, générant des comportements de panique parmi les fabricants.
"La situation actuelle est plus préoccupante que pendant la pandémie de Covid-19", ajoute M. Li, en observant une baisse récente de 10 à 20% des prix depuis le pic, mais avec de nouvelles menaces de flambée des coûts du pétrole à l'horizon.
Les exportateurs sont déjà éprouvés par les droits de douane imposés l'an dernier par l'administration Trump, qui continuent de peser lourdement. Dans la banlieue de Canton, M. Zhou, patron d'une usine de confection, note que l'incertitude domine. "Nous nous trouvons piégés dans un cycle de déclin", déclare-t-il, tandis que les coûts des tissus augmentent de 10 à 20%.
Pour Jingjing, une ouvrière rentrée dans sa région natale du Hubei, les tensions géopolitiques impactent directement son emploi. "Dès que surgissent des tensions, tout se freine. Les commandes disparaissent", explique-t-elle.
M. Chen reste inquiet quant à l'augmentation des frais de transport si la guerre devait se prolonger. "Nos clients auront du mal à vendre, car les coûts deviendront insurmontables", prédit-il. RIMOO envisage de se diversifier au-delà du marché du Moyen-Orient, où elle détient actuellement 60% de sa clientèle.
Malgré tout, le directeur de l'usine reste optimiste. Toutefois, les analystes mettent en garde contre les implications à long terme. "Plus la situation persiste, plus les défis se multiplieront, notamment en matière d’approvisionnement en pétrole essentiel à nos usines", conclut un expert en économie de marché interrogé par nos soins.







