Le 5 mai dernier, l'Agirc-Arrco a révélé qu'elle allait réexaminer 100 000 dossiers de retraités du secteur privé, suite à la détection d'anomalies dans le versement de pensions. Les retraités concernés, dont la pension complémentaire a été suspendue par erreur, devront récupérer les sommes dues.
Cette situation pourrait avoir des répercussions financières considérables. En effet, selon une investigation réalisée en décembre dernier, l'Agirc-Arrco a comparé ses bases de données avec celles de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Sur les 14 millions de retraités affiliés, environ 100 000 dossiers ont été identifiés comme présentant des "incohérences". Une source au conseil d'administration a déclaré à l'agence de presse AFP que ces dossiers devaient "être réexaminés, car il existe un doute".
Des pensions suspendues à tort
Pour certains cas, il a été noté que près de 10 000 dossiers incluaient des personnes répertoriées comme "de plus de 110 ans", pouvant même être décédées. D'autres retraités ont vu leurs droits à la pension de réversion ou à un droit direct suspendus sans avoir fait de réclamations. Cette suspension touche particulièrement les veufs et veuves qui n'ont pas répondu aux demandes de certification concernant leur situation maritale, ainsi que les retraités vivant à l'étranger qui n'ont pas fourni de preuves de vie.
Sans réponse à ces sollicitations, le versement des pensions peut être stoppé.
Un montant total évalué à 778 millions d'euros
Une étude interne, consultée par les Échos, avait établi que près de 12 000 retraités avaient été identifiés comme "lésés", avec un montant à reverser évalué à environ 69 millions d'euros. Cependant, 86 000 autres retraités étaient suspectés d'avoir subi des erreurs sur un total de 778 millions d'euros. Bien que ce document soit aujourd'hui considéré comme "obsolète", les retours sur ces dossiers avancent.
D'après la source au conseil d'administration, les "10 000 à 12 000 dossiers" jugés à risque sont actuellement en traitement, et les retraités concernés devraient recevoir les fonds dus si des erreurs sont confirmées. Pour le reste, environ un tiers à 40 % des dossiers ont déjà été réglés, comprenant des cas où les retraités n'ont jamais soumis de réclamations. Dans ces situations, l'Agirc-Arrco prend l'initiative de vérifier et de réexaminer les dossiers individuellement.







