Le Sénat américain a confirmé mercredi la nomination de Kevin Warsh, choisi par Donald Trump, pour diriger la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis.
Agé de 56 ans, M. Warsh doit maintenant prêter serment pour entamer un mandat de quatre ans. Côté politique, la majorité républicaine reçoit l'appui inattendu d'un seul sénateur démocrate, John Fetterman, qui vote souvent avec eux.
Cependant, cette nomination est controversée. Les démocrates s'interrogent sur la capacité de Warsh à se distancer de Trump, alors que le président cherche à diminuer les taux d'intérêt pour relancer l'économie malgré une inflation en hausse.
Chuck Schumer, le chef des sénateurs démocrates, a exprimé son inquiétude, affirmant que Trump poursuit une "croisade" contre l'autonomie de la Fed. Il a déclaré : "Avec la montée des coûts due à la mauvaise gestion économique de ce gouvernement, Trump n'aspirera qu'à exercer plus de pression sur la Fed pour servir ses intérêts politiques," selon un communiqué.
La chambre haute avait déjà voté pour intégrer Warsh au conseil des gouverneurs de la Fed pour une durée de quatorze ans. Scott Bessent, ministre des Finances, a affirmé sur X que "le président Warsh ouvrira une nouvelle ère dans cette institution nécessitant un retour à la transparence et à l'intégrité".
Trump avait initialement envisagé Warsh en 2018 mais avait choisi Jerome Powell, dont le mandat a été renouvelé sous Joe Biden. Trump a depuis regretté ce choix, critiquant sévèrement Powell pour sa gestion de la politique monétaire.
Des experts prévoient que Warsh sera confronté à de fortes pressions s'il ne répond pas aux attentes en matière de baisse des taux. Cela semble peu probable à court terme, surtout dans un contexte où la majorité des membres de la Fed se concentrent sur une inflation supérieure à leur objectif de 2%, exacerbée par la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient. En avril, les prix de consommation ont grimpé de 3,8% sur un an, un rythme inédit depuis près de trois ans.
En tant que plus jeune membre du conseil en 2006, Warsh avait quitté la Fed en 2011, en désaccord avec une politique monétaire jugée trop laxiste, acquérant ainsi une réputation de banquier central "faucon". Toutefois, durant sa campagne pour la présidence de la Fed, il a semblé adopter une approche plus conciliante.
Mark Zandi, économiste chez Moody's, a déclaré à l'AFP : "Warsh pourrait envisager une baisse des taux, mais il sait qu'il ne pourra pas l'obtenir", alors que beaucoup privilégieront une hausse des taux en raison de l'inflation persistante.
Warsh, qui prône un "changement de régime" à la Fed, partagera la table avec des responsables qu'il a souvent critiqués, notamment Jerome Powell, qui a décidé de rester gouverneur jusqu'en janvier 2028 en réponse aux pressions juridiques, et Lisa Cook, également cible de la critique de Trump et dont la révocation est en cours d'examen par la Cour suprême.







