Peut-on imposer des vêtements lourds aux salariés lorsqu'une vigilance canicule est en cours ? C'est la question qui agite Naval Group, situé à Ruelle-sur-Touvre près d'Angoulême. Depuis mars, les employés doivent porter des vestes épaisses à manches longues, fermées jusqu'au cou, même par fortes chaleurs.
Cette directive a conduit trois des quatre syndicats de l'entreprise à déposer une déclaration de danger grave et imminent. Lors d'une réunion du comité central d'entreprise qui s'est tenue récemment, cette problématique a été au coeur des discussions.
Julien Da Guia, secrétaire du syndicat CGT de Naval Group, alerte sur les "risques de malaises liés à la chaleur", qui peuvent être sévères, allant jusqu'à entraîner des accidents mortels. Malgré les mises en garde, la direction a proposé de décaler le début des journées de travail à 5 heures du matin, mesure rejetée par les syndicats.
Mireille Pivoin, secrétaire générale adjointe du même syndicat, souligne que "dans toute zone de production, la tenue obligatoire est régie par un pantalon et une veste fermés". La sécurité des salariés semble primer sur le confort, mais à quel prix ?
De son côté, la direction, sans répondre aux interrogations, rappelle qu'une commission a été constituée pour faire face à la hausse des températures et qu'un plan de continuité existe depuis quatre ans pour gérer les forts épisodes de chaleur.
La situation actuelle soulève des interrogations cruciales sur le bien-être des travailleurs et l'équilibre entre sécurité et confort dans un secteur déjà éprouvé par des conditions de travail parfois difficiles. Ce débat va sûrement se poursuivre, avec l'inspecteur du travail qui exigera de nouvelles propositions pour mieux protéger les employés pendant les périodes caniculaires.







