Jean-Claude Bourrelier, ancien dirigeant de Bricorama, exprime son mécontentement face à la montée des charges patronales, qui selon lui, freinent la capacité à augmenter les salaires des employés. Il insiste sur la nécessité d'une réforme qui responsabilise entrepreneurs et salariés pour dégager des économies tout en préservant la protection sociale. Il plaide pour l'instauration d'une TVA sociale.
« Je souhaite que ceux qui travaillent puissent réellement vivre de leur emploi », déclare Bourrelier. « Malheureusement, en France, cela devient de plus en plus ardu à cause des charges qui pèsent sur les salaires ».
Les entreprises françaises face à la concurrence étrangère
Bourrelier souligne que, en tant qu'employeur, il ressent une triste réalité : il peut reverser à ses employés seulement 50 % de la valeur qu'ils créent, alors qu'ils devraient pouvoir en recevoir 80 %. Selon lui, la France est le pays où les prélèvements sur le travail sont parmi les plus élevés au monde, passant de 20 % dans les années 60 à près de 50 % aujourd'hui. Il argue que diminuer ces charges ne constituerait pas un « cadeau » aux entreprises, mais représenterait une véritable opportunité d'augmenter les salaires.
« Les salariés ne devraient pas être les seuls à supporter des contributions pour des politiques qu'ils ne bénéficient pas directement », s'insurge-t-il. D'autres pays, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, ont su trouver un équilibre plus juste entre charges et rémunérations.
Pour une TVA sociale
Bourrelier propose d’introduire une TVA sociale tout en veillant à maintenir notre système de protection sociale. Il fait valoir qu’une augmentation de la TVA pourrait être compensée pour les travailleurs par une augmentation substantielle de leur pouvoir d’achat grâce à la réduction des charges.
Il propose également que les entreprises prennent plus de responsabilités concernant les arrêts de travail, à l'instar de certains pays européens. Cela inciterait à une attention accrue sur les conditions de travail et la prévention de l'absentéisme.
« Cela aiderait également les entreprises à être plus vigilantes lors de leurs décisions d’embauche », affirme-t-il. Les employeurs devraient pouvoir se prémunir via des assurances spécifiques pour gérer les risques liés aux ruptures de contrat.
En matière de remboursement de soins de santé, Bourrelier suggère de limiter certains remboursements pour assurer un équilibre dans le système de solidarité. Par exemple, les remboursements pour les lunettes ou les soins dentaires pourraient être plafondés.
« La complexité du droit du travail en France est une entrave à la compétitivité », conclut-il. « Nous devrions nous inspirer de modèles tels que la Suisse, qui a un code du travail beaucoup plus simple ».
Bourrelier termine son propos en exprimant son regret de ne pas s'être davantage engagé dans le débat public pour défendre les intérêts de ses employés obéissant au fil des ans. Mais il reste convaincu qu'il n'est jamais trop tard pour se faire entendre.







