Ce vendredi 12 juin, les membres de l'Organisation internationale du travail (OIT) ont validé le premier traité international visant à protéger les travailleurs évoluant dans l'économie numérique. Après de longues discussions, cette convention s'appliquera à tous, sans considération des statuts d'emploi, claiment les délégués lors de la plénière de clôture de la conférence annuelle.
Une avancée majeure
Cette convention impose aux États membres de garantir des droits fondamentaux aux travailleurs numériques, comme le droit à la liberté d'association, au droit de négociation collective, et d'éradiquer le travail forcé. Les pays devront également veiller à la santé et à la sécurité au travail et à protéger ces travailleurs contre la violence et le harcèlement. Des garanties concernant la rémunération, ainsi que l'accès à la sécurité sociale, sont également incluses.
"C'est une avancée significative. L'adoption de ce traité, bien que complexe, répond à une réalité moderne du travail" a déclaré Jeroen Beirnaert, directeur politique au sein de la Confédération syndicale internationale (CSI).
Beirnaert a souligné l'importance de la capacité de l'OIT à s'adapter aux nouvelles réalités du marché du travail.
Conditions de travail inacceptables
Les plateformes numériques font désormais partie intégrante de notre quotidien, mais leur essor s'accompagne souvent de conditions de travail précaires. Ces entreprises, comme Uber et Deliveroo, établissent des contrats de service qui laissent peu de place à la défense des droits des travailleurs. Des plaintes pour traite d'êtres humains ont déjà été déposées contre ces plateformes pour les conditions de travail qu'elles imposent.
Une experte de Human Rights Watch, Lena Simet, a évoqué le modèle économique des plateformes, soulignant qu'il "contourne les protections du droit du travail et transfère des risques aux travailleurs".
Vers une reconnaissance des droits des travailleurs
La convention doit être mise en œuvre douze mois après les premières ratifications. Ce processus est essentiel pour assurer un cadre de protection robuste pour les travailleurs des plateformes, qui se trouvent souvent dans des situations précaires. Les travailleurs se battent pour la transparence sur les algorithmes utilisés par ces entreprises, afin d'éviter des abus.
Ce traité représente donc une étape cruciale vers la protection des droits des travailleurs dans un monde numérique en pleine expansion.







