Pour tenter de réduire le déficit de la Sécurité sociale, la France introduit une limite sur la durée des arrêts maladie à compter du 1er septembre. Ainsi, un premier arrêt ne pourra excéder un mois, tandis qu'un renouvellement sera limité à deux mois. Toutefois, l'efficacité de cette mesure face à l'augmentation de l'absentéisme reste incertaine.
Le décret, publié le 13 juin dernier au Journal officiel, précise que "les plafonds sont fixés à trente et un jours pour une première prescription et à soixante-deux jours pour une prolongation". Cette nouvelle réglementation sera appliquée en fonction de l'état de santé du patient par différents professionnels de santé, y compris les médecins et les sages-femmes.
Minirévolution
Cette initiative fait partie de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Initialement, le gouvernement envisageait une limite de 15 jours pour un premier arrêt par un médecin de ville et de 30 jours à l'hôpital. Cependant, les députés ont finalement opté pour une durée unifiée d'un mois, inscrite dans la loi elle-même.
Jusqu'à présent, rien n'excluait de définir une durée maximale pour les arrêts maladie, bien que des recommandations existaient pour certaines maladies. La loi actuelle impose tout de même un plafond de 360 jours d'indemnités sur trois ans.
Taux d’absentéisme élevé
Depuis la pandémie, le taux d'absentéisme dans le secteur privé a considérablement augmenté, atteignant 4,3 %, soit une hausse de 25,5 % par rapport à 2019, selon une étude de la mutuelle Malakoff Humanis publiée en juin. Environ 30 % des salariés du secteur privé ont connu au moins un arrêt maladie en 2025.
Les arrêts de plus de 60 jours ont enregistré une hausse de près de 5 %. Les jeunes de moins de 30 ans sont souvent concernés par des arrêts courts, tandis que les plus de 55 ans enregistrent des périodes d'absence plus longues.
Les coûts engendrés par ces arrêts augmentent également, représentant déjà 18 milliards d'euros pour la Sécurité sociale, selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.
A l'occasion de la 23e semaine de la qualité de vie et des conditions de travail, un baromètre a révélé que 22 % des actifs souffrent de problèmes de santé mentale.
Un autre décret, également sorti le 13 juin, fixe à quatre ans la durée maximale d'indemnités pour les accidents de travail et maladies professionnelles à partir de 2027.







