Secoués par l'affaire Lyhanna, les prétendants à l'Élysée ont récemment dévoilé un ensemble de propositions pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles et les crimes pédophiles. Faisons le point.
Des moyens alloués
À gauche, l'appel à des budgets supplémentaires est unanime. Les candidats prônent une refonte de l'approche des violences sexistes et sexuelles. « Les coupes budgétaires alimentent le crime », a déclaré Jean-Luc Mélenchon (LFI) lors d'un meeting. Le député Sacha Houlié, proche de Raphaël Glucksmann, a plaidé pour un "renforcement sans précédent" des ressources affectées aux juridictions, notamment pour les juges en affaires familiales.
Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre socialiste, propose le rappel des magistrats retraités pour alléger les dossiers en cours. Gabriel Attal (Renaissance) vise un recrutement de 3.000 nouveaux magistrats et greffiers d'ici 2027.
Du côté du Rassemblement National, Marine Le Pen et Jordan Bardella demandent aussi un renforcement des moyens judiciaires, mettant l'accent sur l'augmentation du nombre de places en prison.
La question des peines
Jordan Bardella propose des "peines minimales" et la suppression des remises de peine pour les crimes graves. Il réclame en outre des peines de réclusion criminelle à perpétuité pour les criminels sexuels ciblant des mineurs.
Gabriel Attal et Édouard Philippe (Horizons) envisagent la suppression du juge d'application des peines afin de désengorger le système judiciaire. Pour sa part, Bruno Retailleau (LR) plaide pour la castration chimique des criminels sexuels les plus dangereux.
Les magistrats et leur discipline
Bruno Retailleau s'attaque également à la "discipline" des magistrats, suggérant la création d'une cour disciplinaire pour s'assurer de la responsabilité des magistrats, au lieu du Conseil supérieur de la magistrature jugé trop corporatiste.
D'autres candidats projettent de créer des juridictions spécialisées, notamment Dominique de Villepin, qui souhaite un parquet dédié aux violences faites aux femmes et aux enfants. Édouard Philippe questionne quant à lui la possibilité pour les juges de se syndiquer.
Olivier Faure et plusieurs autres figures politiques signalent la nécessité d'une "loi intégrale" contre les violences sexistes et sexuelles, précisant des efforts pour éviter les classements sans suite des affaires.
Pénaliser les plaintes
« Un principe de précaution est urgent face aux violences sur les enfants », estime Édouard Philippe, qui veut donner la priorité absolue aux plaintes et signalements des jeunes. Gabriel Attal, de son côté, propose un système de permanences pénales pour aider les victimes lors du dépôt de plainte et souhaite que chaque plainte pour agression sur mineur initiée soit traitée sous 48 heures.
Imprescriptibilité et fichage
La question de l'imprescriptibilité des crimes contre les mineurs est un sujet brûlant pour les candidats, Gabriel Attal étant ouvert à cette idée. La loi intégrale suggérée par certains vise à étendre la "prescription glissante" à toutes les violences sexuelles, même pour les victimes majeures.
Le renforcement du système d'attestation d'honorabilité pour vérifier les antécédents judiciaires des personnes travaillant avec des enfants est également largement soutenu. Cependant, la division persiste quant au « fichage » des pédocriminels : doit-il concerner uniquement les condamnés ou aussi les accusés ?
Prévention et éducation
Enfin, Marine Tondelier et d'autres responsables de gauche insistent sur l'importance de la prévention, en appelant à une éducation renforcée des enfants sur les relations affectives et sexuelles dès leur jeune âge.







