La culture en déroute : un paysage désenchanté

Entre provocations et désillusion, la culture française traverse des crises sans précédent.
La culture en déroute : un paysage désenchanté
Annie Ernaux à Saint-Denis (93), le 7 juin 2026 © Cesar VILETTE/SIPA

(Ô race, ô désespoir…)

Depuis deux quinquennats, le pouvoir semble s'être enlisé dans une torpeur désespérante. Jupiter, tel un Icare moderne, a sombré dans l'obscurité, laissant derrière lui une décennie d'opportunités manquées. Alors que le compte à rebours pour la présidentielle de 2027 se met en marche, une nouvelle lutte politique se profile, marquée par les ambitions de figures intéressées et le regard avide des néo-baronnies.

La semaine dernière, à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a présenté sa vision audacieuse de la "Nouvelle France". Ce projet, s'il veut s'imposer dans un an, doit s'ancrer dans la bataille médiatique et l'hégémonie culturelle. L’intellectuelle Annie Ernaux, arborant un keffieh palestinien, symbolise le mélange électoral et idéologique qui se prépare. C’est un retour au conservatisme de Gramsci qui prônait le "pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté", mais au sein de la gauche, la profondeur des pensées semble s'être estompée.

L’amer de toutes les batailles

La chanson d’hier a laissé place à une atmosphère de désillusion. Les idéaux de la social-démocratie, rongés par un wokisme omniprésent, entraînent la société dans un cycle de tensions communautaires et de conflits d'idées. Ce climat chaotique, où chacun semble en guerre avec l'autre, soulève des interrogations sur l'avenir. Les électeurs, déçus et lassés par une friche politique, tournent le dos à la gauche et à ses promesses non tenues.

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À l'horizon de 2027, nous nous préparons à des manifestations de désespoir, avec des échos nostalgiques d’un passé révolu. L’« Affiche noire » sape les fondations du bien-être, laissant entrevoir un retour vers des temps troubles. Pasolini avait déjà perçu le danger de ce nouveau conformisme qui pourrait surgir des luttes soi-disant progressistes.

Bien que le programme du camp progressiste soit peu inspirant, il bénéficie du soutien d'influents capitaines d'industrie tels que Xavier Niel et Matthieu Pigasse, qui réforment les lignes de front médiatiques. Leurs efforts visent à façonner une image positive à travers des médias comme Libération et Le Monde, tout en critiquant le pouvoir en place. Dans les espaces audiovisuels, ce pluralisme politique se traduit par un partage inégal du temps de parole, nominalement équitable mais en réalité biaisé.

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En dépit de législations sur le pluralisme, notre paysage médiatique se heurte à un déséquilibre indéniable, favorisant les voix de gauche face à des oppositions souvent invisibilisées. Un certain nombre de sociologues, motivés par des idéologies militantes, contribuent à l'accentuation de ces clivages, politisant des discussions qui devraient rester neutres et enrichissantes.

Sur la Brecht

Dans les festivals internationaux, comme ceux de Stockholm et de Cannes, les artistes engagés se dressent pour défendre une vision de la liberté et de l'art. Ils s'opposent à des figures telles qu'Éric Zemmour, qu'ils accusent de nostalgie pour un passé révolu qui n'a jamais été aussi illusoire.

À travers leurs créations, ils parcourent des thèmes variés, du féminisme contemporain à des analyses profondes des dominations sociales et culturelles. Ce sont des batailles essentielles pour un avenir où les craintes et les crispations doivent céder le pas à une véritable émancipation intellectuelle.

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Au cœur des luttes, les artistes se heurtent à un système hostile, discutant de la nécessité de l'authenticité face à la marchandisation de l'art. La culture, autrefois phare d’une identité collective, semble vaciller dans une quête désespérée de sens.

Il fut un temps où un pays, ses écrivains, et sa culture rayonnaient. Aujourd'hui, malheureusement, il ne reste que des échos d'un passé glorieux.

         « -J’avais pensé pour toi à une carrière dans les Lettres, mais évidemment, même ça demande un certain travail.

-Les Lettres ? demanda Milou méfiant.

-Écrivain. Tu écrirais des livres. Je suis sûr que tu réussirais très bien. Tu es photogénique et fils de croquemort, il n’en faut guère plus. Le reste viendrait tout seul. Naturellement, tu ferais dans la misère du peuple, l’injustice sociale, la poésie des masses, la noblesse de leurs instincts. Je t’aiderais un peu pour les commencements. » (Marcel Aymé).

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