Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, le 15 juin, que la France investirait 655 millions d'euros supplémentaires dans l'intelligence artificielle dans le cadre du plan France 2030. Cette initiative, dévoilée à la veille du salon VivaTech à Paris, vise à renforcer la souveraineté numérique du pays, notamment par le choix de la société française ChapsVision pour la DGSI, laissant de côté le géant américain Palantir.
Ce qu’il faut retenir :
- Sébastien Lecornu a annoncé l'injection de 655 millions d'euros pour l'IA, dans un contexte de compétition accrue avec les États-Unis et la Chine.
- La DGSI rompt avec Palantir pour intégrer des solutions françaises, en réponse à des restrictions américaines sur certains modèles d'IA.
- Chaque ministère sera désormais tenu d'intégrer l'IA dans ses budgets, avec des applications spécifiques pour la Justice et l'Intérieur.
Ce programme vise à faire en sorte que "cette révolution profite aux Français", explique Lecornu dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Les fonds serviront à "soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche, ainsi que les entreprises".
Le salon VivaTech, fort de sa réputation en Europe, mettra l'accent sur l'IA et la souveraineté numérique. Entre autres, le thème central sera la collaboration avec des entreprises de technologie tout en préservant une certaine autonomie.
Vers une autonomie numérique
Dans cette optique de renforcement de l'autonomie nationale, la DGSI a décidé de Cesser son partenariat avec Palantir, choisissant à la place ChapsVision. "Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique", a déclaré Lecornu, soulignant l'importance d'éviter tout risque de blocage d'accès à des technologies cruciales.
Des figures politiques telles que Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe se sont également exprimées sur cette question, mettant en lumière les implications d'une "guerre de l'IA" sur la stratégie technologique française.
Chaque ministère à l'épreuve de l'IA
Pour garantir l'utilisation de l'intelligence artificielle au sein des différents ministères, Lecornu a précisé que "chaque ministère devra démontrer comment il utilise l'intelligence artificielle".
Il a annoncé que les ministères de la Justice et de l'Intérieur utiliseraient "dès cette année" un portail nommé GenIAl, permettant notamment de traiter des données sensibles plus efficacement.
De plus, un assistant IA sera déployé sur le site Ameli de l'Assurance Maladie, facilitant l'accès des citoyens aux informations de santé.
Dans un effort pour rendre les données publiques plus accessibles, le gouvernement lancera bientôt une "nouvelle plateforme dédiée à l'IA".







