Du vendredi 5 au dimanche 7 juin, la marque de prêt-à-porter musulman Jennah a ouvert un pop-up store au cœur de Lyon, reflet d'un marché en pleine expansion. Ce concept, qui met en avant le « prêt-à-porter modeste », soulève des questions pressantes sur la place de la religion et du communautarisme dans l'espace public.
Le retour de Jennah, après un premier succès retentissant en 2025, n'est pas passé inaperçu. Les fondateurs ont su capter l’attention avec des articles tels que des abayas, hijabs et tuniques longues, s’inscrivant parfaitement dans la tendance mondiale de la « modest fashion ». Avec près de 450 000 abonnés sur Instagram, cette marque répond à une demande de vêtements qui respecte des convictions religieuses et culturelles. Un objectif économique, selon ses créateurs, qui est néanmoins perçu par certains critiques comme un signe inquiétant de la segmentation de la société française sur des bases confessionnelles.
Bien que la marque souligne que « toutes les femmes sont les bienvenues, voilées ou non », des experts avertissent que cette orientation peut favoriser une normalisation de codes vestimentaires identitaires. Ce phénomène pourrait impliquer une pression sociale accrue sur les jeunes femmes, en particulier dans les zones où ces vêtements deviennent la norme. D'un autre côté, les défenseurs de cette mode arguent qu’il s’agit d’un choix personnel, mettant en avant la liberté individuelle et d'entreprendre.
Comme l'indique un article de Le Monde, le succès de Jennah met en lumière une transformation profonde des interactions économiques et sociales en France, révélant l’émergence de marchés adaptés à des identités culturelles spécifiques. Cela soulève un débat important concernant le communautarisme et les défis actuels du modèle républicain français.







