Dans un climat budgétaire tendu, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, appelle à la réintroduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, récemment supprimée par le Sénat. Selon Lescure, cette mesure est essentielle pour atteindre un compromis budgétaire et réduire le déficit public à 5 % du PIB l'an prochain. « Je déplore que nous soyons arrivés à ce point, mais c'est un levier nécessaire », a-t-il déclarée lors d'une intervention sur franceinfo.
Cette surtaxe, initialement estimée à quatre milliards d'euros, avait été augmentée à six milliards au fil des débats à l’Assemblée nationale, avant d’être finalement abrogée par le Sénat. Lescure insiste sur l'importance de la contribution de toutes les entreprises, notamment celles qui affichent des bénéfices considérables. « Tout le monde doit contribuer », a-t-il précisé, ajoutant que « les grandes entreprises qui font des profits doivent aussi participer à l'effort collectif ».
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a également souligné la nécessité d'un consensus autour de cette mesure, la décrivant comme « relativement consensuelle jusqu'à présent ». Elle insiste sur le fait qu’elle pourrait aider à financer la réduction d'un impôt de production crucial, la CVAE, pour près de 270 000 entreprises, contrant ainsi les critiques d'une dérive fiscale. « Il est primordial de trouver un compromis », a-t-elle ajouté dans Le Figaro.
À l'approche du retour du texte devant la commission des finances, Lescure a appelé à une rapide avancée dans les discussions, mentionnant des échanges fructueux avec des forces politiques. « Il y a une volonté d'aboutir », a-t-il assuré. Toutefois, il a reconnu que proposer un amendement pour relever la surtaxe à 6 milliards avait été un acte délicat. « Ce n’est pas fait de gaité de cœur, mais c'est indispensable », a-t-il conclu.
Sans consensus avant le 31 décembre, une loi temporaire a déjà été adoptée pour garantir la continuité de l'État, augmentant ainsi la pression sur le gouvernement pour trouver rapidement une majorité. En parallèle, certains experts financiers estiment que cette surtaxe pourrait renforcer la confiance dans les finances publiques de la France, tout en abandonnant à court terme les promesses de baisse des impôts pour les petites et moyennes entreprises.







