Ce vendredi, sur BFM Business, Daniel Sauvaître, le président de l'interprofession des fruits et légumes (Interfel), a exprimé son étonnement face à l'arrêté du gouvernement français qui suspend les importations de produits agricoles comme les avocats et les mangues, traités avec des pesticides interdits dans l'Union européenne. Cette initiative, qui répond à l'inquiétude des agriculteurs français face à un accord commercial imminent avec les pays du Mercosur, semble selon lui davantage un coup politique qu'une réelle solution.
En effet, alors que le gouvernement met en avant la nécessité de protéger les producteurs français, Sauvaître souligne que cette mesure pourrait provoquer des répercussions négatives. Il précise : "Faire un coup politique sur une norme sanitaire qui dépend de l'Union européenne, tout en agissant de manière unilatérale, pourrait entraîner des tensions avec les pays concernés, notamment en Amérique du Sud." Il est à craindre que ces décisions incitent des mesures de rétorsion, comme l'a déjà évoqué le gouvernement brésilien concernant l'importation de pommes françaises.
Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a également minimisé l'impact de cette décision, faisant état d'un contrôle rigoureux déjà en place sur la présence de résidus de pesticides. "On contrôle à 99,90 % l'absence de résidus avant cette régulation", a-t-il affirmé. De nombreuses entreprises craignent néanmoins que ces nouvelles règles compliquent davantage le marché, en perturbant les chaînes d'approvisionnement.
En conclusion, ce débat illustre la complexité des enjeux sanitaires et économiques qui se dessinent autour des importations agricoles en France. Alors que certains plaident pour des actions rapides afin d'assurer la santé publique, d'autres appelent à une approche plus mesurée pour éviter des conséquences indésirables. Reste à voir comment le gouvernement naviguera dans cette mer d'incertitudes.







