Le 10 mars, un procès d'envergure a été initié à Londres à l'encontre de Sony, pour un montant de près de 2,31 milliards d'euros, soit environ deux milliards de livres sterling. Le géant technologique japonais est accusé d'avoir abusé de son pouvoir sur le marché en imposant des prix excessifs pour les jeux en ligne aux utilisateurs de la PlayStation au Royaume-Uni.
“Une fois qu’un utilisateur possède une PlayStation, il n’a d’autre choix que d’acheter ses jeux auprès de Sony, ce qui lui a permis d'imposer des tarifs bien trop élevés”, souligne Alex Neill, experte en droits des consommateurs et à l’origine de cette action.
Une stratégie anticoncurrentielle
Le PlayStation Store sert de plateforme officielle pour les joueurs souhaitant acquérir une variété de titres, allant des classiques comme Gran Turismo à des productions modernes telles que Assassin's Creed. Mais cette boutique numérique fait l’objet de critiques croissantes quant à sa politique de tarification. Les avocats des plaignants, notamment Robert Palmer, accusent Sony de mettre en place une stratégie visant à limiter la concurrence dans le secteur de la distribution numérique.
Par exemple, le jeu Assassin's Creed Shadows pour PS5 est proposé à presque 70 livres, un prix deux fois plus élevé que son équivalent physique à la chaîne britannique Curry's. “Il est illogique que le jeu numérique soit plus cher que sa version physique, comme c’est le cas dans l’édition littéraire”, argumente encore Alex Neill.
Les plaignants critiquent également une commission de 30% sur les ventes, un taux beaucoup plus élevé que celui observé sur d’autres plateformes, notamment pour PC.
Un nombre impressionnant de plaignants
Cette action en justice est intentée au nom de 12,2 millions de consommateurs, une démarche collective qui inclut tous les clients potentiellement affectés, sauf s'ils choisissent explicitement d’en sortir.
En réponse, Sony soutient que la rentabilité de son écosystème PlayStation n’est pas excessive et que les prix de ses contenus numériques restent compétitifs par rapport à ceux de ses rivaux. “Si nos prix étaient réellement trop élevés, les consommateurs se tourneraient vers d'autres options”, a déclaré la société dans une communication auprès de l’AFP.
Les plaignants ont également relevé que des affaires similaires sont en cours contre Sony dans plusieurs pays, y compris le Portugal, les Pays-Bas et l'Australie, illustrant une tendance globale dans les pratiques commerciales de cette entreprise selon Natasha Pearman, l'une de leurs avocates.
De manière notable, Apple avait récemment connu une défaite à Londres dans un procès similaire, également pour des taux de commission jugés excessifs dans son App Store, ce qui pourrait lui coûter des millions.







